Lucerne: Les 14 résolutions de la Diète 98 dans le diocèse de Bâle

APIC – Document

La discussion doit déboucher sur des engagements

Lucerne, 26 mai 1998 (APIC) Quelque 350 personnes, 201 femmes et 149 hommes, venues des dix cantons du diocèse de Bâle ont participé du 21 au 23 mai à Lucerne à la première «Diète» sur le thème «Puissance et impuissance». De nombreuses questions touchant l’actualité ecclésiale et sociale ont été abordées dans 24 ateliers de travail. Les discussions, reprises en assemblée plénière, ont donné lieu à quatorze résolutions adoptées à la très large majorité des votants. Mg Kurt Koch, évêque de Bâle, ainsi que ses collaborateurs ont pris part à la rencontre mais n’ont pas participé aux votes.

Les quatorze résolutions, très différentes quant à leur signification et leur portée individuelle, portent essentiellement sur l’égalité hommes femmes et la reconnaissance de la place des femmes dans l’Eglise; notamment à travers la révision des critères de l’ordination sacerdotale qui ne devrait dépendre ni de l’état-civil, ni du sexe. La question d’une adaptation des structures et de l’option pour les pauvres ont également été au centre des discussions. L’APIC propose ci-dessous la traduction française de ces quatorze résolutions qui devront encore être retravaillées et affinées par les responsables de la Diète.

Prologue

Nous chrétiens qui nous sommes rassemblés pour la première Diète du diocèse de Bâle nous voulons prendre au sérieux la mission reçue de Jésus-Christ dans nos paroles et notre agir et trouver le courage d’assumer ce pouvoir. Cela signifie découvrir les résistances au Royaume de Dieu, rendre sa croissance visible dans la vie concrète et la soutenir aussi loin que nos forces le permettent. Dans ce sens, la Diète comprend ses paroles, orales ou écrites, et ses activités comme une contribution à la réalisation du Royaume de Dieu qui doit être la perspective et la mesure de toute action des Eglises.

1. Briser les structures ecclésiales lourdes et incrustées: reconnaissance des Eglises locales, reconnaissance des femmes, structures synodales, pastorale des divorcés remariés, viri probati.

2. Poussés par la Parole de Dieu, nous désirons soigner développer et vivre notre propre spiritualité (prière, méditation, échange) comme des chrétiens majeurs pour que le feu de l’Esprit brûle en nous et puisse déborder sur les autres.

3. Nous nous faisons un devoir de faire connaître la Consultation œcuménique sur l’avenir économique et social de la Suisse et d’y participer dans nos conseils de paroisses ou groupes de travail.

4. Beaucoup de communautés sont sur le chemin d’un vrai partenariat. Les structures de l’Eglise réduisent ce processus, voire l’empêchent. Une Eglise qui se réclame de Jésus-Christ ne sera à l’avenir crédible que si elle vit une authentique fraternité et un vrai partenariat dans tous les domaines. L’Eglise de notre diocèse doit faire des pas vers l’égalité, vers un vrai partenariat fraternel entre femmes et hommes sur tous les plans. Dans ce sens nous invitons la direction diocésaine à mettre au centre le sacerdoce universel et à modifier les conditions d’accès à l’ordination, pour les rendre indépendantes de l’état-civil et de sexe.

5 a) Une vraie égalité entre femmes et hommes. Une égalité entre Suisses et étrangers dans l’Eglise qui trouve aussi son expression structurelle.

5b) Notre sexe et notre sexualité (celle des femmes et des hommes, hétérosexuelle ou homosexuelle) est une force offerte par Dieu, nous voulons l’engager de manière fructueuse dans nos relations, notre travail et pour le renouvellement de l’Eglise. Car toute force qui n’est pas intégrée se perd ou contient en germe un danger de destruction.

6. Nous sommes persuadés que sur tous les plans et en particulier celui de la direction et des instances de décision du diocèse le débat sur le thème du pouvoir et des rapports de pouvoir est nécessaire. Nous souhaitons des modèles qui encouragent la communication et des champs d’exercice. Tous les responsables, y compris la direction diocésaine devraient disposer d’un accompagnement dans leur réflexion sur leur rapport avec le pouvoir (supervision). Nous sommes prêts dans un groupe issu de notre atelier B10 avec le groupe «Persistance» à travailler d’autres documents sur ce sujet.

7. En faveur de la Fondation Suisse solidaire. La Fondation de solidarité doit être mise sur pied parce qu’elle est un signe porteur d’avenir de la solidarité avec les personnes en détresse, en Suisse comme à l’étranger. C’est pourquoi nous soutenons la pétition «Pas d’avenir sans solidarité» comme moyen de négociation.

8 La consultation œcuménique sur l’avenir économique et social de la Suisse. Nous nous rangeons fondamentalement derrière la base de discussion de la Conférence des évêques suisses et de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse. Nous encourageons la participation à cette consultation. Dans le sens d’une meilleure crédibilité, selon les critères énoncés, l’Eglise doit aussi se pencher de manière critique sur elle-même.

9. Concrétiser l’option pour les pauvres. Le rapport de l’Eglise avec l’argent et les biens doit être une bonne nouvelle pour les pauvres. (de justitia in mundo, Synode des évêques 1971 Nr 48). Toutes les sources de financements, les flux financiers, les budgets, les placements au niveau des paroisses, des collectivités ecclésiastiques cantonales, des diocèses et au plan suisse doivent être examinés sous l’angle de l’option pour les pauvres. Partout où l’Eglise est présente en tant qu’acteur économique, (prestataire de services, employeur, consommatrice de biens et de services, administratrice de fortunes, dépositaire d’argent) les critères éthiques doivent être appliqués. Les salariés de l’Eglise doivent aussi examiner leur travail pour voir s’il est efficace et se fait en faveur des pauvres. Les paroisses doivent veiller à ce que les contribuables touchés par la crise (chômeurs, familles à revenus modestes) ne soit pas poussés hors de l’Eglise par une charge d’impôt trop lourde.

10. Les textes antisémites de la Bible doivent être écartés ou explicités par exemple dans les récits de la Passion. Les déclarations hostiles aux juifs doivent être évités dans la liturgie, les chants et les textes, les usages (par exemple le Vendredi Saint) dans la formation, dans la littérature catéchétique, dans la formation des adultes, dans la littérature générale et dans le langage quotidien. Nous attendons l’aide des institutions spécialisées.

11 Il faut développer un concept de formation continue dans lequel les compétences de direction des collaborateurs soient mieux prises en compte. Ce concept doit être travaillé avec les personnes concernées. Pour la formation il faut faire davantage appel à des personnes qualifiées et des institutions d’autres disciplines. Les paroisses sont invitées à rendre possible financièrement la qualification de leurs collaborateurs.

12 Nous voulons méditer sur les racines spirituelles et les sources de notre foi que constitue l’Evangile. Par ce processus nous voulons rendre crédible le message chrétien par le témoignage de notre vie.

13. Mettre en dialogue les personnes âgées et les jeunes. Condition pour des homélies dialoguées; services religieux préparés par les jeunes et les vieux; activités communes avant et après l’Eglise (coloriage d’œufs, apéro, fabrication de cierges) Célébrations en plein air ou en forêt; dialogue mutuel dans les magazines pour jeunes et personnes âgées, le thème de l’âge dans l’art de vivre et la religion, aide mutuelle et offre de travail, dépasser la solitude, détruire les barrières par exemple dans des communautés d’habitation: jeunes, vieux, familles, maison, bloc, quartier. Cette vie commune peut comprendre une prière commune (Taizé), travailler ensemble vers l’extérieur, peindre des hydrantes, protéger la nature, soutenir des projets tiers monde, partager le superflu (lait, pommes, denrées, temps, attention) sans argent. (apic/mp)

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