Inde: Il y a deux ans mourait Mère Teresa de Calcutta, les fidèles se souviennent

APIC – Dossier

Partout dans le monde, messes pour «l’ange des slums»

Rome/Calcutta/New Delhi, 5 septembre 199 (APIC) Deux ans jour pour jour après la mort, le 5 septembre 1997, de celle que d’aucuns appelleront «l’ange des slums de Calcutta», le pape Jean Paul II a rendu hommage dimanche à Mère Teresa au cours de la traditionnelle prière de l’angélus, qu’il a récitée depuis sa résidence d’été de Castelgandolfo. Partout dans le monde, en particulier à Calcutta, des messes du souvenir ont été dites à la mémoire de la fondatrice des Missionnaires de la Charité.

Evoquant la figure de Mère Teresa, le pape a qualifié la fondatrice des Missionnaires de la Charité de «grande maîtresse de vie appréciée, spécialement pour les jeunes». Jean Paul II a cité notamment une phrase de la religieuse concernant les jeunes, auxquels elle rappelait qu’ils ont le grand devoir de construire la paix, en commençant par leurs familles, et de défendre la vie, toujours et de toutes les façons, «surtout quand elle est particulièrement faible».

Dimanche en fin d’après-midi dans la Basilique de Saint-Jean de Latran à Rome une messe a été célébrée à l’intention de Mère Teresa, la Prix Nobel de la paix décédée à Calcutta l’âge de 87 ans. La célébration, à laquelle ont participé les Missionnaires de la Charité se trouvant à Rome, était présidée par le substitut de la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, Mgr Jean-Baptiste Re.

Le 5 septembre, une Journée mondiale de la réconciliation

A Calcutta, devant le tombeau de la religieuse d’origine albanaise placé dans la maison mère des Missionnaires de la Charité, un grand couvent au centre de la métropole du Bengale occidental, les religieuses conduites par Sœur Nirmala et les fidèles ont été toute la journée plongés dans la prière. Dans la chapelle du couvent, les messes se sont succédées toutes les heures, suivies d’une distribution de nourriture pour les pauvres. L’Eglise catholique en Inde souhaite que désormais le jour anniversaire de la mort de Mère Teresa soit partout dans le monde célébré comme «Journée de la réconciliation».

Le procès en béatification progresse, selon Mgr D’Souza

Pendant ce temps, le procès en béatification de Mère Teresa, qui fait couler beaucoup d’encre (voir encadré) progresse, selon Mgr Henry D’Souza, archevêque de Calcutta. Il a révélé à l’agence vaticane FIDES que la phase diocésaine du procès est en bonne marche et devrait se terminer à la fin novembre. «Si Mère Teresa était béatifiée en l’an 2000, ce serait un beau signe d’amour et d’unité pour toute l’humanité», affirme Mgr D’Souza.

L’archevêque de Calcutta souligne l’extraordinaire vitalité du charisme de Mère Teresa: «Le procès de béatification avance. Chaque jour le tribunal auditionne des témoins. Toute la procédure est très rigoureuse. La commission chargée de suivre le procès a une grande quantité de travail. Nous tenterons de terminer cette phase diocésaine du procès pour la fin novembre. La date de la béatification ne dépend pas de nous».

Un héritage apprécié des croyants de toutes les religions

Mgr D’Souza affirme que l’héritage spirituel de Mère Teresa est très fort dans le pays et le flux des fidèles qui visitent sa tombe est resté constant. De nombreux évêques et prêtres célèbrent la messe devant son tombeau. Des volontaires arrivent de toutes les parties du monde pour faire l’expérience de partage avec les Missionnaires de la Charité et s’engager pour soigner les orphelins et les enfants abandonnés ou handicapés.

«Je crois qu’elle a laissé un héritage apprécié par les croyants de toutes les religions: c’est l’héritage de la valeur des personnes humaines et de la nécessité de faire tout ce qui est possible pour leur venir en aide.» Pour l’archevêque de Calcutta, les personnes attirées par le charisme de Mère Teresa sont toujours aussi nombreuses et la vitalité de la congrégation s’est maintenue malgré la disparition de la fondatrice.

Sœur Celine Varkey, supérieure de la maison d’accueil des Missionnaires de la Charité «Dono di Maria» à Rome, affirme que la Congrégation connaît une croissance constante des vocations et ses maisons partout dans le monde sont de plus en plus nombreuses, spécialement en Afrique. Sur le continent noir, l’Ordre enregistre une progression importante, après l’ouverture d’un noviciat à Nairobi (Kenya) et d’un maison pour postulantes en Tanzanie.

Plus de 4’500 religieuses dans le monde entier

L’Ordre, fondé en 1950, compte aujourd’hui plus de 4’500 sœurs dans le monde entier et environ 800 religieux non prêtres. Quelque 90’000 laïcs apportent leur aide aux religieuses dans 630 structures, allant des orphelinats aux homes pour malades en phase terminale. La présence des sœurs de Mère Teresa en Inde représente un élément d’union dans cette période de tension entre chrétiens et fondamentalistes hindous, déclare Mgr D’Souza à l’agence FIDES. Les associations extrémistes hindoues s’en prennent aussi à l’œuvre de Mère Teresa et à ses sœurs, les accusant de conversions forcées, mais la majorité des Indiens aiment et admirent Mère Teresa. «Même des groupes hindous très traditionalistes ont critiqué les prises de position des fondamentalistes». La preuve: souvent sur la tombe de la religieuse, les fidèles de diverses croyances mettent sur pied spontanément des moments de prière interreligieuse où prennent part des hindous et des musulmans. (apic/imed/kna/fides/be)

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