Sainteté de Maurice Tornay: une enquête canonique diocésaine est lancée

Le diocèse de Sion a annoncé le 30 mars 2026 l’ouverture d’une enquête canonique diocésaine en vue de la canonisation du bienheureux valaisan Maurice Tornay, chanoine de l’hospice du Grand-Saint-Bernard, «tué en haine de la foi» au Tibet, en 1949. Mgr Jean-Marie Lovey a signé pour ce faire, le 23 mars 2026, un édit relatif à la demande du postulateur diocésain.

Le Suisse Maurice Tornay a été béatifié par le pape Jean Paul II le 16 mai 1993 à Rome. «Généralement, la béatification suit la reconnaissance d’au moins un miracle attribué à l’intercession de la personne», précise le diocèse de Sion. Sauf en cas de martyre, ce qui est le cas de Maurice Tornay.

Pour que le bienheureux valaisan puisse accéder à présent à la sainteté, la commission diocésaine chargée de l’enquête doit attester de la véracité du miracle qui lui est attribué. En 2023, un Italien établi à Genève a annoncé en effet qu’il avait été guéri d’une maladie mortelle par l’intercession de l’ancien chanoine Valaisan. La commission comprend ainsi plusieurs médecins spécialistes de la maladie en question. «Ils devront déterminer si la guérison est totale, durable, si elle a été immédiate et si, en l’état des connaissances médicales, la science ne peut pas l’expliquer», détaille Christine Mo Costabella, dans la chronique matinale du 1er avril RTSReligion. Auquel cas, le dossier de «candidature» sera envoyé à Rome, pour être examiné par le Dicastère des causes des saints.

Belle mobilisation à Orsières et ses environs

Son homonyme contemporain, l’ancien conseiller d’État valaisan Maurice Tornay, président de l’Association des Amis du bienheureux Maurice Tornay, est en charge du dossier en tant que Postulateur diocésain. Il porte depuis des années le souci de transmettre l’héritage spirituel et l’exemplarité de la vie de ce chanoine de la congrégation du Grand-St-Bernard, tué à l’âge de 39 ans.

Cette passion, il la partage notamment avec le chanoine Joseph Voutaz, curé d’Orsières, qui a lancé en 2017 une mission paroissiale placée sous l’intercession et la protection du bienheureux Maurice Tornay. C’est de cet élan qu’est née l’Association des Amis du bienheureux Maurice Tornay. Joseph Voutaz, lui-même originaire de la région, plus précisément de Sembrancher, un village juste en-dessous d’Orsières, est par ailleurs l’auteur d’un ouvrage paru en 2024 (éditions St-Augustin), intitulé 365 jours avec le bienheureux Maurice Tornay.

La démarche de canonisation est soutenue aussi par la Congrégation des chanoines des saints Nicolas et Bernard de Montjoux, et par la Fondation du Bienheureux Maurice Tornay.

Appel à la participation des fidèles

Pour mener son enquête canonique, le diocèse de Sion appelle «tous les fidèles, prêtres et religieux à transmettre témoignages, documents ou informations pouvant éclairer la cause du bienheureux Maurice Tornay». Tous les chrétiens, souligne-t-il, sont appelés à la sainteté, mais certains, par leur vie particulièrement vertueuse et leur témoignage de foi, deviennent des exemples pour tous.

Pour le chanoine Joseph Voutaz, ce serait le cas de Maurice Tornay, un chrétien passionnément engagé malgré ses imperfections. Le Valaisan était certes une tête dure, mais il a travaillé pour adoucir son caractère. C’était aussi quelqu’un qui a traversé beaucoup d’épreuves sans se laisser gagner par le découragement. «Ce n’était pas quelqu’un de facile, admettait-il lors d’une interview accordée à cath.ch pour la sortie de son livre. Mais je pense que c’était surtout une carapace pour un hypersensible (…) Il était entier, endurant et déterminé. Il a un côté très ‘paysan’ et terre à terre, allié à une dimension spirituelle très forte. Deux aspects qui se mélangent souvent dans ses lettres où il peut parler de la grâce de Dieu et, la phrase suivante, demander que sa famille lui fasse parvenir de nouveaux caleçons.» (cath.ch/com/rts/arch./lb)

Maurice Tornay (1910-1949)
Originaire du village d’Orsières, sur la route du Grand-St-Bernard, Maurice Tornay a été élève au collège de Saint-Maurice avant d’entrer à 21 ans à l’hospice du Grand Saint-Bernard. Passionné, il demande dans les années 1930 à rejoindre ses confrères missionnaires en Chine et au Tibet. En 1945, il est nommé curé de Yercalo, la seule paroisse catholique du Tibet, mais il est expulsé du territoire par des moines bouddhistes de la lamaserie de Karmda, qui sont aussi les seigneurs locaux très hostiles aux chrétiens. Il se déguise alors en marchand de thé pour aller plaider sa cause auprès du dalaï-lama Alassa, mais il est démasqué et tombe dans une embuscade tendue par les moines. bienheureuxmauricetornay.ch

Lucienne Bittar

Portail catholique suisse

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