Suisse: Rencontre interreligieuse sur l’importance du temps dans les religions

APIC – Reportage

La notion du temps n’est pas la même pour tous

Pour l’agence APIC, Fabienne Mory

Fribourg, 13 octobre 2000 (APIC) Une rencontre interreligieuse, sur le thème «le temps à travers les religions», a rassemblé, le 13 octobre, les élèves du collège Ste-Croix à Fribourg, puis ceux du collège du Sud et du cycle d’orientation à Bulle. Des représentants de diverses traditions religieuses ont démontré que la notion du temps n’est pas la même pour tous. Les élèves de Ste-Croix ont répondu nombreux à l’invitation.

Les enseignants religieux qui ont organisé la rencontre ont marqué l’année jubilaire en réunissant des représentants de l’hindouisme, du bouddhisme, du judaïsme, du catholicisme, de l’orthodoxie, du protestantisme et de l’islam. La rencontre s’est inspirée de celle d’Assise, en 1986, où le pape avait prié avec les représentants des grandes traditions religieuses. Sur les 850 élèves que compte le collège Ste-Croix, près de 200 ont assisté volontairement à l’échange.

Selon André Zamofing, l’un des organisateurs, la rencontre est assez inhabituelle puisqu’elle se déroule à travers des textes sacrés et de la musique. «Cela crée un effet de surprise et l’émotion passe plus facilement qu’à travers des commentaires. Certains élèves viennent nous demander une cassette de la musique quelques temps après la rencontre», a-t-il ajouté.

Selon les organisateurs, il est «rare» que des personnes de religions différentes passent une journée entière ensemble. «Il y a 35 ans, cela aurait été inimaginable de vivre un tel moment», a précisé André Zamofing, pour qui la rencontre permet un côtoiement différent. «Les invités sont obligés de revoir leurs positions face aux autres religions, leur ’souci de l’autre’ s’affirme».

Les 45 minutes mises à disposition par la rectrice du collège Ste-Croix, Anne-Marie Schobinger, ont obligé les organisateurs à ne garder que l’essentiel: le symbole de la rencontre. La rectrice du collège a par ailleurs déclaré que trois quart d’heure suffisent: «Si c’est trop long, les élèves se désintéressent vite. Et la rencontre est plus intense ainsi puisque ce sont des flashs sans commentaires». André Zamofing est également d’avis que la rencontre doit laisser quelques «points d’interrogations», afin que les élèves réfléchissent plus longuement sur le thème.

«Le temps est d’une importance capitale»

Les invités ont tout d’abord expliqué leurs calendriers respectifs et l’importance du temps dans les différentes religions à travers la lecture de textes sacrés, démontrant ainsi que «la référence à la naissance du Christ n’est pas universelle». Le calendrier des bouddhistes, par exemple, commence à la naissance de Bouddha, il y a 2625 ans. Le musulman Hafid Ouardiri a déclaré que le temps est d’une importance capitale puisque «c’est la première chose sur laquelle nous serons jugés». En fin de rencontre, les participants ont prié en silence afin d’invoquer la paix dans le monde.

La rencontre interreligieuse est une tradition au collège du Sud et au cycle d’orientation de Bulle, où elle en est à sa troisième édition alors que c’est la première fois qu’elle se déroule au collège Ste-Croix, à Fribourg. Les représentants religieux ont su capter l’attention des élèves et des professeurs tout au long de la rencontre, qui s’est déroulée dans une atmosphère chaleureuse et détendue. (apic/fm)

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