Une stratégie vitale: l’occupation du terrain
L’occupation de terrain s’est avérée jusqu’ici la stratégie la plus efficace du mouvement. Mais le combat n’est pas sans danger: une des journées les plus sombres reste le 17 avril 1996, où une vingtaine de paysans ont été massacrés et une soixantaine d’autres blessés à Eldorado do Carajas, dans l’Etat de Para. Quatre ans après, ce massacre reste toujours impuni, ce qui a provoqué, le 17 avril dernier, de nouvelles manifestations du MST, d’ailleurs élargies le 22 avril à une mobilisation contre «cinq siècles d’exclusion sociale».
Au cours de ces journées de manifestation, le mouvement a occupé des autoroutes, des bâtiments publics et de nouvelles terres. Jorge Neri commente les résultats: «Le gouvernement, de plus en plus mal à l’aise face à nos revendications, a pris des mesures d’urgence: il a créé une police fédérale spéciale pour nous combattre et a interdit les occupations de terres improductives. En outre, il a fait emprisonner 34 dirigeants du MST, tandis que 36 autres ont fait l’objet d’arrestations. Parmi les 34 militants emprisonnés, 14 sont détenus à la tristement célèbre prison de Carandiru à Sao Paulo. Contre tous les militants du MST, on a retenu le grief d’association de malfaiteurs, ce qui ne permet même pas la libération conditionnelle sous caution». (apic/cip/ba)
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