Apic Interview
Tout cela est peut-être un complot de l’Esprit saint .
Interview : Josef Bossart / Traduction: Bernard Bovigny
Zurich, 19 mai 2006 (Apic) Le film controversé « Da Vinci code » tourne actuellement dans les cinémas. Beat Müller, porte-parole de l’Opus Dei en Suisse, a accepté de le visionner et de le commenter pour l’Apic.
Lorsque démarrera la Coupe du monde de football, en juin, ce film sera déjà oublié, estime l’abbé Müller, ajoutant : « Tout cela est peut-être un complot de l’Esprit saint, afin de faire sortir les chrétiens de leur réserve ».
Apic : On reproche surtout au livre de Dan Brown « Da Vinci code » de mélanger de façon inadmissible fiction et réalité. Peut-on dire la même chose de la version filmée de Ron Howard ?
Beat Müller : Le film reprend les thèses du livre. Il évite toutefois quelques-unes des erreurs les plus manifestes de l’oeuvre de Dan Brown. Il agit avant tout sur les émotions : L’Eglise et l’Opus Dei y apparaissent comme des institutions en tous points de vue méprisables.
Apic : Les premières critiques soutiennent que le film s’en prend davantage à l’Opus Dei qu’à l’Eglise catholique-romaine. Partagez-vous cette impression ?
Beat Müller : Je souligne d’abord que l’Opus Dei fait partie de l’Eglise catholique. Cela dit, il est vrai que qu’il y est présenté de façon plus grotesque que dans le livre. De manière si extrême que j’en ai parfois presque ri. Que le producteur Sony-Picture ait besoin de cela, je ne peux l’expliquer que pour des motifs commerciaux. Il a remarqué que le film était de qualité plutôt moyenne et l’a ainsi rendu plus grotesque afin de compenser sa médiocrité. Bien plus de 125 millions de dollars ont probablement été investis. Sony, pour assurer un certain profit, a décidé de ne pas respecter son propre code de déontologie.
Apic : Si vous deviez exprimer en deux phrases une brève critique du film, que diriez-vous ?
Beat Müller : Le film tente de s’en tenir le plus étroitement possible au livre, et cela lui est funeste car les interminables enseignements de Teabing et Langdon ne sont pas adaptés au langage cinématographique. Par ailleurs, un spectateur qui ne connaît pas le livre par coeur aura toujours plus de peine à suivre le développement inconstant de ce film de deux heures et demie.
Apic : Craignez-vous que le livre et le film ne provoquent de sérieux dommages à l’Eglise ou à l’Opus Dei ? Ou pensez-vous au contraire que tout ce tapage sera oublié, à notre époque où tout passe très vite ?
Beat Müller : Le film sera probablement oublié lorsque que débutera, le 9 juin, la Coupe du monde de football, qui est bien plus passionnante. Mais l’insécurité et la déception de beaucoup de personnes face à Jésus, l’Eglise ou encore l’Opus Dei vont durer plus longtemps, à en croire les sondages. Mais il y en a aussi beaucoup qui abordent avec sérieux la question de la foi, l’histoire de l’Eglise et la réalité de l’Opus Dei, et cela est réjouissant. Notre site internet, par exemple, connaît des millions de consultations. Peut-être tout cela est-il un complot de l’Esprit saint pour nous faire sortir, nous autres chrétiens, de notre réserve.
Site internet: www.opusdei.ch
Avis aux rédactions : Une photo de l’abbé Beat Müller peut être demandée à l’Apic : kipa@kipa-apic.ch
(apic/job/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse