Le banquier et le chien

Et tout ceci est vrai.

Lorsqu’on est banquier directeur général avec un salaire mensuel de un à deux millions de francs par mois, on n’a pas le temps de penser à la misère, ni d’avoir des états d’âme. PDG d’une grosse banque suisse, d’une de ces usines à faire le fric, un banquier engageait récemment un colloque avec ses subalternes, « simples » directeurs de succursales. Des employés donc, des smicards au regard de la feuille de paie du patron. Le discours touchait à l’argent. Et aux bénéfices. Plus que des conseils, il distillait des ordres, histoire d’augmenter les bénéfices, quitte à restructurer le personnel pour diminuer les frais. Donc de licencier. Humaniste perdu dans cette réunion, un vice-directeur qui demandait naïvement au grand patron la valeur qu’il accordait à la loyauté, s’entendit répondre: « Si vous voulez de la loyauté, allez acheter un chien ». Il est vrai qu’on a plus souvent vu un chien tendre la papatte, la lever aussi, qu’un banquier tendre la main. (Apic/Pierre Rottet)

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