Le banquier et le chien

Et tout ceci est vrai.

Lorsqu’on est banquier directeur général avec un salaire mensuel de un à deux millions de francs par mois, on n’a pas le temps de penser à la misère, ni d’avoir des états d’âme. PDG d’une grosse banque suisse, d’une de ces usines à faire le fric, un banquier engageait récemment un colloque avec ses subalternes, «simples» directeurs de succursales. Des employés donc, des smicards au regard de la feuille de paie du patron. Le discours touchait à l’argent. Et aux bénéfices. Plus que des conseils, il distillait des ordres, histoire d’augmenter les bénéfices, quitte à restructurer le personnel pour diminuer les frais. Donc de licencier. Humaniste perdu dans cette réunion, un vice-directeur qui demandait naïvement au grand patron la valeur qu’il accordait à la loyauté, s’entendit répondre: «Si vous voulez de la loyauté, allez acheter un chien». Il est vrai qu’on a plus souvent vu un chien tendre la papatte, la lever aussi, qu’un banquier tendre la main. (Apic/Pierre Rottet)

24 juillet 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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