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    Plusieurs civilisations se côtoient en Méditerranée © euthrophication&hypoxia/Flickr/CC BY 2.0

    Bari: le pape contre "la rhétorique du clash des civilisations"

    "La rhétorique de l’affrontement des civilisations ne sert qu’à alimenter la haine", a déclaré le pape François aux 58 évêques du pourtour méditerranéen présents dans la basilique pontificale Saint-Nicolas de Bari le 23 février 2020. Le pontife a aussi condamné l’action de la communauté internationale en Méditerranée, qu'il considère comme uniquement militaire.

    Lors de son discours, le pape François a déploré le

    sentiment "d’indifférence" que suscite le sort des migrants,

    condamnant vivement "ceux qui s’enferment dans leur richesse et leur

    autonomie". Mais aussi la communauté internationale, qui s’est selon lui

    "contentée d’interventions militaires". "La rhétorique de

    l’affrontement des civilisations ne sert qu’à justifier la violence et à

    alimenter la haine", a-t-il aussi expliqué, dénonçant les discours de peur

    qui présentent les flux migratoires comme "une invasion".

    Organisée par la Conférence des évêques d'Italie (CEI), la

    rencontre de Bari rassemble, du 19 au 23 février 2020, 58 évêques autour du

    thème: "La Méditerranée, frontière de paix". Elle a pour objectif

    d’offrir aux différentes Eglises du pourtour méditerranéen un cadre de

    discussion et de prière sur la place de l’Eglise et de l’évangélisation dans

    cette région. Le pape a rejoint la cité apulienne le 23 février pour

    "témoigner de la valeur" de cette initiative.

    Le pape inquiet des "nouveaux populismes"

    Le phénomène des migrations de réfugiés va continuer à

    marquer la Méditerranée, a déclaré le pontife, soulignant notamment les problèmes

    rencontrés par les pays traversés par les flux de réfugiés. Les Etats et

    communautés religieuses "ne peuvent pas ne pas être préparés" à un

    tel avenir, a-t-il prévenu.

    Le sort des noyés, esclaves sexuels et autres exploités ne

    saurait être accepté, a martelé le pape argentin. Au contraire, il faut

    "un accueil et une intégration digne", même si ce processus n’est

    "pas facile", a-t-il reconnu. Il ne peut en revanche passer au

    travers de murs, qui interdisent à ceux qui les érigent de profiter "de la

    richesse dont l’autre est porteur".

    Le pontife a déclaré son effroi devant les discours tenus

    par "certains dirigeants des nouvelles formes de populisme". Il a

    déclaré que leurs propos lui rappelaient parfois ceux "qui ont semé la

    peur puis la haine dans les années 1930".

    Méditerranée, mer de "métissage"

    La Méditerranée est une "région cruciale du monde", a-t-il déclaré. La "constante proximité" des peuples de Méditerranée les invite à "faire mémoire de ce qui les unit" et à vivre dans la "concorde".

    "Mer du métissage" mais aussi "épicentre de

    lignes profondes de rupture et de conflits", la Méditerranée invite à une

    "théologie de l’accueil". Cet accueil passe pour l’Eglise par un

    témoignage de paix, "fin ultime de toute société humaine", car il n’y

    a "aucune alternative sensée à la paix", a expliqué l'évêque de Rome.

    A rebours, la guerre, en transformant le "paradis

    terrestre" en enfer, est une "authentique folie" qui dégrade

    l’agresseur et l’agressé et ne pourra jamais être considérée comme

    "normale", a déclaré le pontife. Il a porté ensuite son attention sur

    "le conflit irrésolu entre juifs et Palestiniens", dénonçant "le

    danger des solutions non équitables" porteuses de "nouvelles crises".

    Pour une confrontation respectueuse

    Le successeur de Pierre a une nouvelle fois critiqué la

    "culture du déchet" traitant les personnes "comme si elles

    étaient des choses". Cette dernière "génère et accroît les inégalités

    de manière flagrante" entre les rives de la Méditerranée.

    Le bien commun, "autre nom de la paix", doit

    guider les interactions entre les peuples de Méditerranée. A quoi sert une

    société qui se targue de "nouveaux résultats technologiques" mais ne

    sait pas être solidaire, a demandé le pontife, appelant plutôt à une

    "confrontation respectueuse" qui seule permet d’espérer "un

    avenir de paix et de prospérité".

    L'évêque de Rome a dès lors salué l’opportunité que

    représentait la rencontre de Bari, rappelant qu’elle se situait dans le droit fil

    du Document sur la fraternité humaine,signé avec l’imam d’Al-Azhar le 4 février 2019. Il a aussi rappelé sa visite à

    Bari dans le cadre d’une rencontre de prière pour la paix au Proche-Orient, le

    7 juillet 2018.

    Bari, début d'un processus

    "La méthode synodale, qui a caractérisé notre travail,

    marque le début d'un processus qui exige une nouvelle volonté de la part de

    chacun de s'engager avec un grand cœur", avait expliqué un peu plus tôt le

    cardinal Gualtiero Bassetti, président de la Conférence des évêques d’Italie, à

    l’origine de la rencontre. Les conclusions des travaux impliquent des

    propositions de jumelages de diocèses et de paroisses méditerranéennes,

    d'échanges de prêtres et d'expériences de séminaristes ainsi que du bénévolat.

    Après la rencontre, le pontife s'est rendu dans la crypte de

    la basilique pour se recueillir devant les reliques de saint Nicolas de Myre.

    Il les avait déjà vénérées le 7 juillet 2018, en compagnie des patriarches des

    Eglises orthodoxes, afin de prier pour la paix au Proche-Orient. Il s'est

    ensuite rendu sur l’avenue Victor Emmanuel II pour y célébrer la messe

    dominicale. (cath.ch/imedia/cd/rz)

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