Côme Besse et sa sœur Astrid ont co-fondé “Divine box“ en 2017. | D.R.
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Côme Besse et sa sœur Astrid ont co-fondé “Divine box“ en 2017. | D.R.

“Divine box“, le marché monastique en ligne

17.12.2018 par Bernard Hallet

La plateforme “Divine box“, lancée en 2017, commercialise des produits alimentaires de production monastique.  Elle constitue une manière originale de faire du commerce équitable en misant sur le savoir-faire des communautés religieuses et leurs traditions.

Pâtes de fruit, confitures, biscuits, pâté, fromage, ou encore bière. Cet inventaire à la Prévert pourrait être celui d’une corbeille de Noël. Ces victuailles sont, en fait, issues de l’artisanat monastique et disponibles en ligne et sur abonnement.

“L’idée est de soutenir les communautés religieuses et leur savoir-faire en commercialisant leurs produits. Nous défendons la production traditionnelle et locale, le ‘made in abbaye’“, indique Côme Besse, co-fondateur, avec sa sœur Astrid, de “Divine box“, société basée à Paris. Les internautes ont la possibilité de s’abonner selon différentes formules et de recevoir une “box des monastères“ et une “box des bières trappistes“ chaque mois.

L’idée a germé en 2016 dans le sillage d’une tradition familiale. La maman des deux entrepreneurs avait pour habitude d’offrir un panier de produits du terroir à leur frère, expatrié en Espagne, lorsqu’il passait en France. Un pâté de l’abbaye de Bricquebec (nord de la France), s’est un jour trouvé dans l’assortiment maternel. “En ajoutant du fromage et de la bière, nous avions un panier pique-nique. On a développé l’idée lorsque nous avons pris conscience de la grande offre potentielle de produits que représentent les communautés religieuses, encore nombreuses en France“.

La box plutôt que le panier

Pour vérifier leur théorie, le frère et la sœur vont rendre visite à 54 abbayes et monastères en proposant leur idée. “Nous avons été très bien reçus“. Après le mois de janvier 2017 passé sur les routes, l’offre surabondante des produits confirme leur intuition et les communautés, enthousiasmées par le concept, sont partantes. Autre avantage: les confitures, miel, vinaigre et autres terrines sont “made in abbayes“ selon des recettes parfois ancestrales, qui leur confèrent une image séduisante et tendance.

Divine box propose des produits issus de l’artisanat monastique. | D.R.

Ce positionnement haut-de-gamme fleure bon la France des campagnes et du terroir, loin de toute production industrielle. Des produits d’épicerie fines que Côme et Astrid vendent pour la noble cause des communautés religieuses. “Le ‘panier’, c’est dépassé. Nous avons opté pour la ‘box’, d’une part très en vogue ces temps-ci, d’autre part susceptible d’attirer une clientèle plus jeune“.

“Divine box“ est ouvert en mars 2017. “Nous devions nous lancer très vite pour éprouver le marché“, argumente Côme, titulaire d’un master en entrepreneuriat de la Haute Ecole de Commerce (HEC) de Paris. Avec peu de budget pour la communication, le duo mise sur la presse, les réseaux sociaux et le bouche à oreille qui, à lui seul, ramène 25% des clients.
Le succès est au rendez-vous. “Divine box“ a réalisé un chiffre d’affaires de 157’000 francs en 2017. “Nous tablons sur un chiffre d’affaires de 390’000 francs pour 2018“. La jeune société tire son bénéfice de la commercialisation des produits labellisés monastiques. En plus des clients ponctuels, quelque 3’800 abonnés attendent leur boîte chaque mois. “Nous affranchirons la 15’000ème box en janvier prochain“.

Temps de travail

Sur quel tempo? “Ma sœur réfléchit à l’offre du mois: elle compose les assortiments selon des thèmes qu’elle imagine autour de l’apéro, du goûter, de la vinaigrette, du miel, etc. Nous testons les produits“. La commande que les clients reçoivent à la maison a été en fait préparée deux mois plus tôt. Les vendeurs du “made in abbaye“ contactent d’abord les monastères pour savoir s’ils ont leur spécialité en stocks ou s’ils auront le temps de les produire. “Nous devons tenir compte de leur temps de travail, très éloignée de la production industrielle“.

 Au juste prix

“Côté prix, nous ne mettons aucune pression sur les communautés“, promet le jeune entrepreneur. Loin des pratiques des chaînes de supermarchés, il dit payer le prix juste demandé par les économes. Il travaille aujourd’hui avec quelque 70 communautés, principalement en France. L’entrepreneur a ajouté dans son catalogue quelques spécialités monastiques de Belgique, de Grèce et des Pays-Bas. “Nous passons toujours par des congrégations françaises pour ces produits exotiques“.

“Nous avons tenté des partenariats avec des communautés suisses. Mais malheureusement les tarifs douaniers et postaux, trop élevés, nous ont contraints à renoncer pour le moment“, précise Côme Besse.

Le profil des clients? “Il est certain qu’une partie du public vient du milieu chrétien, au sens large du terme, mais il est difficile d’estimer la proportion. Nous ne demandons pas leur confession aux clients“. Le commerçant estime qu’il ne s’agit pas d’une grande majorité. Les articles parus dans la presse généraliste ont apporté nombre de commandes. Il en déduit que le concept a débordé les frontières de la cathosphère.

“Nous nous développons progressivement“. Une e-boutique s’est ouverte pour écouler les produits à l’unité. Avec l’aide d’une cousine, de deux stagiaires et d’un chargé de communication, la plateforme reste pour l’instant une aventure familiale. (cath.ch/bh)


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