Suisse

L'Hôpital du Valais autorise le suicide assisté

L’Hôpital du Valais s’est doté d’une directive qui permet au personnel médico-soignant de donner «une réponse appropriée» au patient sur la question du suicide assisté. C’est ce qu’a annoncé l’institution valaisanne, dans un communiqué le 3 mars. «Ce n’est pas un geste de soin en tant que tel», réagit Mgr Jean-Marie Lovey, l’évêque de Sion, dans les colonnes du quotidien Le Nouvelliste.

L’assistance au suicide n’est pas considérée comme un acte de soin et n’est pas reconnue comme faisant partie des missions de l’hôpital public, affirme l’institution valaisanne. La directive édictée en la matière permet cependant aux professionnels de l’Hôpital du Valais de prendre en considération des situations exceptionnelles pour lesquelles il n’existerait pas d’autre alternative pour respecter l’autonomie du patient et pour lequel il ne serait plus envisageable de décéder ailleurs qu’à l’hôpital, précise le communiqué.

L’institution assure que les soignants ne participeront pas directement à ce geste et que ces situations d’exception seront soumises pour avis au Conseil d’éthique clinique de l’Hôpital qui conseillera et soutiendra les soignants dans leur décision. Selon le communiqué de l’Hôpital du Valais, cette directive a fait l’unanimité parmi le personnel soignant: la direction médicale, la direction des soins et le collège des médecins estiment qu’ils peuvent travailler avec cette directive.

«Légiférer permettra de résoudre la question pour tous»

Interpellé par le quotidien Le Nouvelliste, Xavier Mottet, président du Parti libéral radical valaisan (PLR/VS), estime que cela ne règle pas le problème des suicides assistés dans les EMS, alors qu’une motion demandant à l’Etat de légiférer sur la question sera débattue le 10 mars au Grand Conseil. Xavier Mottet, l’un des auteurs de cette motion, voit dans la décision de l’Hôpital du Valais «une manière d’ouvrir la discussion sur le sujet alors qu’elle était totalement hermétique sur ce thème jusqu’à présent». «Légiférer permettra de résoudre enfin la question pour tous, pour les patients mais aussi les soignants», assure le député PLR valaisan.

Il assure également qu’il restera attentif à la composition de la commission d’éthique. «Une commission qui, pour fonctionner juste, ne devra pas être orientée», insiste Xavier Mottet qui remarque que les patients ne sont pas représentés parmi les médecins, le professeur de philosophie, le spécialiste juridique et l’aumônier qui la composent actuellement.

Le nombre de suicides assistés augmente en Valais.

Exit, l’association active dans le suicide assisté, a enregistré 18 cas en 2015 contre treize en 2014. «On compte un ou deux patients hospitalisés par an qui sollicitent Exit», relativise le docteur Jérôme Sobel, directeur d’Exit Suisse Romande, dans les colonnes du quotidien sédunois. «Ce n’est pas parce que le suicide assisté peut être autorisé que tout le monde y fera recours, contrairement à ce que prétendent certains», précise-t-il.

«Ce n’est pas un geste de soin en tant que tel. Or, l’objectif du personnel médical est de soigner. Je suis étonné que l’Hôpital du Valais donne une directive comme celle-là», réagit l’évêque du diocèse de Sion. Mgr Jean-Marie Lovey demande «une réflexion de fond concernant le sens réel de la souffrance». (cath.ch-apic/com/nv/bh)

L'hôpital de Sion, en Valais.
4 mars 2016 | 16:02
par Bernard Hallet
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