Pour l'égalité hommes-femmes dans l'Eglise | © pixabay.com
Suisse
Pour l'égalité hommes-femmes dans l'Eglise | © pixabay.com

Suisse: un millier de signatures pour l'égalité des femmes dans l'Eglise

29.04.2019 par Jacques Berset, cath.ch

Près d’un millier de personnes en Suisse soutiennent les réformes demandant l’égalité des femmes dans l’Eglise. Fin mars 2019, sept théologiennes et théologiens ont adressé aux évêques suisses une liste de revendications dans un message intitulé “Nous en avons assez !”

Les sept signataires seront reçus à la mi-juin par Mgr Felix Gmür, évêque de Bâle et président de la Conférence des évêques suisses (CES), et son vicaire général Markus Thürig.

Les personnes intéressées pouvaient apporter leur soutien aux 20 demandes présentées aux évêques suisses jusqu’au dimanche de Pâques. Finalement, près d’un millier de personnes ont soutenu la démarche. Cela dépasse apparemment les attentes des sept initiatrices et initiateurs de ce “cahier de doléances”.

“Nous n’aurions jamais pensé qu’il y aurait autant de soutiens, et surtout de la part d’autant de personnes actives au sein de l’Eglise”, a annoncé le 26 avril 2019 Jacqueline Keune, l’une des initiatrices du catalogue des revendications.

Pour “une Eglise autrement”

A chaque courriel, relève la théologienne lucernoise, on pouvait lire: “Les gens veulent – enfin – une autre Eglise ou une Eglise autrement”. “Les gens ne veulent pas attendre des changements encore pendant des décennies”, insiste la théologienne, connue pour ses livres et son engagement au sein des Communautés chrétiennes de base en Suisse.

La liste des signataires comprend des personnalités éminentes telles que Simone Curau-Aepli, présidente de la Ligue suisse des femmes catholiques, Sœur Ingrid Grave, de la communauté des dominicaines d’Ilanz, Odilo Noti, ancien responsable de la communication et du marketing à Caritas Suisse, et Sepp Riedener, pionnier de la pastorale de rue des Eglises à Lucerne.

Des soutiens des milieux académiques

En plus des nombreuses personnes qui travaillent dans la pastorale, le soutien est également venu de milieux académiques: Leo Karrer, professeur émérite de théologie pastorale, Walter Kirchschläger, ancien professeur d’exégèse du Nouveau Testament, Max Küchler, également professeur émérite d’exégèse du Nouveau Testament, et Udo Rauchfleisch, professeur émérite de psychologie.

La majorité des soutiens vient de Suisse, mais on trouve également des signataires à l’étranger, notamment en Allemagne et en Autriche. Les initiatrices et initiateurs, en Suisse alémanique, sont Jacqueline Keune, Marie-Theres Beeler, Angela Büchel Sladkovic, Nico Derksen, Monika Hungerbühler, Elke Kreiselmeyer et Felix Senn.

Les évêques suisses interpellés

Les revendications concernent notamment le droit canonique, qui doit être “fondamentalement révisé” en ce qui concerne l’égalité des droits entre hommes et femmes. En outre, selon les signataires, les évêques suisses doivent suivre leur conscience “indépendamment des directives romaines” et assumer leur responsabilité personnelle en appliquant des solutions régionales.

De plus, peut-on lire, les hommes ne devraient plus être ordonnés prêtres et diacres avant que les femmes n’aient accès à ces ministères. Les évêques suisses devraient également se distancier des déclarations romaines “qui dénigrent les femmes ou même les criminalisent”. Dans la demande numéro 19, les sept théologiennes et théologiens exigent en outre que les évêques suisses, dans un délai de deux ans, “s’engagent également dans un processus de réforme avec d’autres évêques et donnent des premiers signes encourageants”.

L’impulsion a été donnée à ces revendications par l’annonce, en novembre 2018, de la sortie collective de l’Eglise de six personnalités catholiques suisses bien connues. Cécile Bühlmann, ancienne conseillère nationale des Verts (LU), Anne-Marie Holenstein, ancienne directrice d’Action de Carême, Monika Stocker, ancienne conseillère nationale et conseillère municipale de Zurich, Doris Strahm, et Regula Strobel, théologiennes féministes, ainsi que Ruth-Gaby Vermont ancienne conseillère nationale et membre du Conseil de l’Europe, avaient déclaré ne plus vouloir appartenir à une institution “qui nie les droits des femmes et les exclut de la hiérarchie ecclésiale, en raison de leur sexe et du pouvoir masculin”. (cath.ch/bal/be)

 


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