En ligne de mire «Weltbild», propriété en partie des évêques allemands
Allemagne: Polémique autour de livres ésotériques et érotiques
Augsburg, 17 novembre 2011 (Apic) Polémique en Allemagne. Des livres ésotériques et érotiques sont disponibles sur le site de «Weltbild», société en partie aux mains des évêques allemands. Devant les hésitations de l’épiscopat, le pape est intervenu énergiquement.
«Le moment est venu d’endiguer énergiquement la prostitution ainsi que la diffusion de matériel au contenu érotique et pornographique aussi sur internet. Le Saint-Siège veillera à ce que l’intervention contre ces maux de la part de l’Eglise catholique en Allemagne se fasse de manière plus claire et décidée». Benoît XVI a prononcé ces paroles fortes le 7 novembre 2011, en recevant le nouvel ambassadeur allemand près le Saint-Siège, Reinhard Schweppe, venu présenter ses lettres de créances. Le message est bien parvenu aux évêques allemands, vus comme les principaux destinataires.
Les maisons d’éditions, une ’poule aux œufs d’or’
L’épiscopat allemand est en partie propriétaire de la société «Weltbild», numéro deux sur le marché allemand de la vente de livre en ligne après Amazon, et l’un des plus grands distributeurs de médias en Europe. Son volume d’affaires avoisine les 1,9 milliard d’euros par an. Aujourd’hui, la société n’a plus aucune finalité ou inspiration catholiques. Elle vend les mêmes articles que les grands opérateurs on-line, y compris l’ésotérisme, le satanisme et l’érotisme.
«Weltbild» possède aussi 50% de participations dans la maison «Droemer & Knaur», qui publie de la littérature érotique et pornographique, rapporte le «Giornale del Popolo» du 17 novembre. Ces informations ont été révélées dernièrement, à l’occasion de la foire du livre à Francfort.
Réaction attendue
Les évêques allemands ont longtemps ignoré cette histoire. Informés à présent des offres littéraires de leurs sociétés, leur réaction est attendue. De son côté, Benoît XVI a déjà pris les devants, en leur demandant une prise de position décidée.
L’archevêque de Cologne, le cardinal Joachim Meisner, a immédiatement réagi. Il a affirmé avoir fait pression à partir de 2008 pour que l’Eglise prenne ses distances avec la société «Weltbild». Mais rien n’a encore vraiment changé. (apic/gdp/gres/agences/ggc)




