Nigeria: L’archevêque d’Abuja souhaite que le gouvernement retrouve les terroristes

Il veut aussi poursuivre sur le chemin du dialogue et de la réconciliation

Abuja, 26 décembre 2011 (Apic) Au lendemain d’attentats meurtriers contre des églises au Nigeria qui ont fait une quarantaine de morts, l’archevêque d’Abuja a demandé au gouvernement de mettre la main sur les groupes terroristes islamistes responsables de ces tueries, le 26 décembre 2011. Interrogé par Radio Vatican, Mgr John Onayekan a par ailleurs assuré la nécessité de poursuivre «sur le chemin du dialogue et de la réconciliation» entre chrétiens et musulmans.

Joint par Radio Vatican alors qu’il visitait l’église Sainte-Thérèse de Madalla, en périphérie de la capitale nigériane, théâtre de l’attentat le plus sanglant le jour de Noël, Mgr Onayekan a expliqué que si certains fidèles avaient accueilli cette nouvelle vague d’attentats «avec résignation», la grande majorité se trouvait «dans une attitude d’incompréhension».

«Et puis il y a les jeunes qui sont très en colère et que nous avons cherché à calmer», a aussi expliqué l’archevêque de la capitale avant de confier avoir «fermement dit au gouvernement que la seule façon de calmer la rage des jeunes qui ont perdu leurs frères, leurs amis, (était) de les convaincre qu’il était à la hauteur de la situation, et qu’il était en train de localiser et – d’une certaine façon – d’éliminer les repaires des groupes terroristes».

L’archevêque d’Abuja a aussi expliqué avoir parlé un peu plus tôt avec le ministre de l’Intérieur, venu également sur le théâtre de l’attentat, et à qui les jeunes avaient demandé : «êtes-vous capable de nous défendre ou chacun doit prendre des mesures pour se défendre et pour défendre sa famille ?»

Des musulmans parmi les victimes

«Nous avons beaucoup travaillé pour encourager et promouvoir une vie d’harmonie et de respect réciproque avec la communauté musulmane», a encore affirmé Mgr Onayekan avant d’assurer que les chrétiens devaient «chercher, de toute façon, à continuer à espérer que, malgré de tels épisodes, cela vaut la peine de poursuivre sur le chemin du dialogue et de la réconciliation». Ainsi, pour le prélat, «la grande majorité des Nigérians – musulmans et chrétiens – veut vivre en paix, ensemble».

Par la suite, Mgr John Onayekan a indiqué qu’il y avait également des musulmans parmi les victimes de l’attentat qui visait l’église Sainte-Thérése. «Nous sommes allés à l’hôpital pour rendre visite aux blessés graves», a expliqué le prélat qui a «parlé et prié avec deux musulmans» blessés alors qu’ils passaient dans la rue.

«Nous ne devons pas avoir peur de ces gens», a encore affirmé le prélat nigérian à propos des terroristes de la secte islamiste nigériane Boko Haram, qui a revendiqué ces attaques. Mgr Onayekan a cependant relevé que le grand danger était «que ce type de geste crée des tensions et de la haine réciproque entre chrétiens et musulmans». «Cela serait une tragédie plus grave encore», a assuré le prélat en confiant enfin que les paroles du pape à l’Angélus, le jour même, avaient été d’un très grand réconfort pour tous les chrétiens.

Depuis la fenêtre de ses appartements, le 26 décembre en milieu de journée, Benoît XVI avait ainsi dénoncé ce «geste absurde» et assuré qu’il n’oubliait pas «tous les chrétiens persécutés à travers le monde». Il avait une nouvelle fois rappelé que la violence menait seulement à la mort et à la destruction, demandant également le concours des «différentes composantes de la société» pour le retour de la sécurité et de la sérénité dans le pays.

Radio Vatican, dans son journal de la mi-journée, a également rapporté que le gouvernement nigérian avait annoncé un sommet spécial sur la sécurité nationale début 2012, indiquant par ailleurs que le président Goodluck Jonathan avait fermement condamné ces attentats. (apic/imedia/ami/js)

26 décembre 2011 | 16:15
par webmaster@kath.ch
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