Etats-Unis: L’archevêque de Boston revient sur le scandale des abus sexuels
Ne jamais cesser de demander pardon
Boston, 7 janvier 2012 (Apic) Le cardinal Sean Patrick O’Malley, archevêque de Boston, a assuré que «l’Eglise n’oublierait jamais la crise des abus sexuels» dans une lettre publiée le 4 janvier 2012, dix ans après les premières révélations publiées à ce sujet, indique le service d’information catholique américaine CNS.
«Il est indiscutable que les survivants des abus sexuels perpétrés par le clergé ont grandement soufferts. Comme archevêché, comme Eglise, nous ne pourrons jamais cesser de dire clairement la profondeur de notre chagrin et de demander pardon à ceux qui ont été si cruellement blessés», écrit le cardinal américain. «Des hommes et des femmes qui ont souffert des plus monstrueux abus ont indiqué qu’ils s’efforcaient chaque jour de pardonner l’homme qui a perpétré ces abus. C’est un signe extraordinaire et salutaire de la bonté de Dieu au-delà de toutes mesures et un message de courage, d’espoir et d’amour.»
D’après la chaîne d’information américaine CNN, la lettre a été publiée deux jours avant le dixième anniversaire du premier article publié par le «Boston Globe», en 2002, révélant des années d’abus sexuels perpétrés par des prêtres catholiques ainsi que le voile de silence à l’intérieur de l’Eglise et les agissements de la hiérarchie pour couvrir les coupables. «Les médias ont aidé à rendre notre Eglise plus sûre pour les enfants en soulevant le problème des abus sexuels et en nous forçant à le gérer. Nous tous qui considérons la protection des enfants comme de la plus haute importance sommes redevables du soutien des médias sur cette question.»
La crise ne sera jamais derrière nous
Selon le prélat, la lettre ne doit pas être considérée comme «une postface ou la fin d’un chapitre», mais plutôt comme l’expression des progrès réalisés et comme un guide pour l’Eglise dans sa lutte contre les abus.
Le cardinal O’Malley, en poste depuis juillet 2003, indique que l’archevêché a rencontré plus de 1’000 survivants et leurs familles. Il souligne que l’Eglise catholique du diocèse a dépensé plus de sept millions «pour offrir du soutien, des remèdes et d’autres services aux victimes». Et d’ajouter que 300’000 enfants ont reçu des cours de prévention dans leurs paroisses et que 175’000 adultes ont été entrainés à identifier et rapporter tout cas suspect.
Dans un message aux catholiques du diocèse, accompagnant la lettre «Dix ans après – Réflexion sur la crise des abus sexuels», l’archevêque affirme: «Comme dirigeants de l’Eglise nous devons accepter notre responsabilité pour ces fautes et clairement reconnaitre que la hiérarchie de l’Eglise aurait pu et aurait dû répondre plus vite et avec plus de force.» Et de conclure: «Nous ne pourrons jamais supposer que la crise est derrière nous.» (apic/cns/cnn/amc)




