Mexique : Le porte-parole du Vatican rejette les accusations des victimes du Père Maciel

Benoît XVI pour la vérité et la transparence

Ciudad de Mexico, 26 mars 2012 (Apic) En marge du voyage de Benoît XVI au Mexique, le porte-parole du Vatican a rejeté les accusations des victimes des abus sexuels commis par le Père Marcial Maciel. Ni le pape actuel, ni Jean Paul II ne savaient rien de la double vie du fondateur des légionnaires du Christ avant 1998, a répondu le Père Lombardi aux journalistes. Il est injuste de prétendre que le pape soit contre la vérité et la transparence, a-t-il insisté.

Les victimes du Père Maciel, décédé en 2008, affirment dans un manifeste que Joseph Ratzinger, en tant que préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, connaissait les accusations contre le prêtre mais avait empêché que toute la lumière soit faite. Le manifeste déplore aussi qu’aucune rencontre avec les victimes d’abus sexuels commis par des prêtres n’ait été prévue lors du voyage de Benoît XVI, comme il l’avait pourtant fait dans d’autres pays. Dans un livre intitulé ’La Volonté de ne pas savoir’, ses trois auteurs – dont un ancien prêtre légionnaire du Christ, José Barba – accusent publiquement le futur pape, alors cardinal Ratzinger, d’avoir couvert une vérité qu’il était censé connaître. Ils invitent le pape à s’excuser auprès des victimes.

Le Père Lombardi a répondu qu’il n’y avait pas eu de sollicitation pour une rencontre, avec les victimes d’abus sexuels, comme d’ailleurs pour les précédentes visites de Benoît XVI en France et au Portugal. Il s’est agacé de l’ambiguité des victimes qui d’un côté veulent rencontrer le pape, mais de l’autre «ne veulent pas m’écouter sérieusement». Dans les pays où de telles rencontres ont eu lieu, il y a eu une demande auprès des évêques et elles ont été préparées. Une telle démarche s’inscrit dans un processus de dialogue dans lequel l’Eglise s’engage et prend en charge les victimes, a-t-il souligné.

Publiquement accusé depuis 1997

Depuis 1997, le Père Maciel avait été publiquement accusé d’abus sexuels commis sur des séminaristes. En 2006, Benoît XVI avait ordonné au Père Maciel à se retirer dans la pénitence et la prière et à renoncer à toute activité publique. Etant donné son âge et son état de santé, Rome avait cependant renoncé à prononcer une peine canonique. Après le décès du Père Maciel en 2008, sa double vie a été reconnue. Outre les abus sexuels, le prêtre était père de plusieurs enfants illégitimes. En 2010, le Vatican a reconnu le caractère objectivement immoral de la vie du Père Maciel et a lancé une profonde réforme de l’ordre des Légionnaires du Christ qu’il avait fondé.

Les victimes déplorent aussi l’attitude de la conférence des évêques mexicains. Son président, Mgr Carlos Aguilar Retes, avait déclaré à la presse quelques jours avant la venue du pape que les noms des victimes ne lui étaient pas connus et que personne ne s’était adressé à lui à ce sujet. Le porte-parole des victimes, Joaquim Aguilar, a répondu qu’il s’était lui-même rendu récemment dans le diocèse du président pour s’occuper d’un cas particulièrement dramatique, mais que personne n’avait voulu le recevoir. «Au Mexique, la politique du silence se poursuit», a-t-il conclu. Selon l’association au moins 130 autres cas de prêtres pédophiles sont recensés au Mexique. Mais le problème «continue de ne pas exister pour l’épiscopat mexicain, qui n’a jamais fait aucune déclaration ni pris aucune mesure contre ce phénomène». (apic/cic/mp)

26 mars 2012 | 11:26
par webmaster@kath.ch
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