Rome: Arrestation du majordome de Benoît XVI

Le Vatican entre embarras et scepticisme

Rome, 25 mai 2012 (Apic) L’embarras et l’incrédulité étaient palpables dans l’Etat de la Cité du Vatican, dans l’après-midi du 25 mai, après l’arrestation du majordome de Benoît XVI, soupçonné d’être impliqué dans la série de révélations de documents secrets. Si la justice vaticane a seulement assuré avoir arrêté «une personne en possession illégale de documents confidentiels», le nom du valet de chambre du pape, l’Italien Paolo Gabriele, a été confirmé à I.MEDIA de sources internes.

Si la culpabilité de ce proche de Benoît XVI reste à prouver, beaucoup s’interrogent au Vatican sur les motifs qui l’auraient conduit à dérober des courriers ou notes adressés au pape et à son secrétaire. Certains assurent que le pape doit être profondément abattu par cette éventualité qui semble sortie d’un roman d’Agatha Christie.

«Ami de tous», «pieux et discret», «si gentil»… les superlatifs ne sont pas de trop dans la bouche de ceux qui connaissent ce quadragénaire entré au service du pape début 2006. Plusieurs disent aussi leur perplexité après l’arrestation d’un homme habitué à servir et qui, arrivé tout jeune au Vatican, a gravi les échelons avant d’intégrer la «famille pontificale».

Marié et père de jeunes enfants, Paolo Gabriele est l’une des très rares personnes à avoir accès aux appartements du pape. Logé à deux pas du Palais apostolique, il y passe cependant ses journées auprès de Benoît XVI, en compagnie des quatre laïques consacrées italiennes au service du pape et de ses deux secrétaires particuliers.

Le pape sans son fidèle majordome

Détenu pour l’heure au sein du Palais du Tribunal, siège de la Gendarmerie vaticane situé derrière la basilique Saint-Pierre, Paolo Gabriele aurait été interrogé dans la matinée par le Promoteur de justice Nicola Picardi. Il y a fort à parier que la première sortie publique de Benoît XVI sur la place Saint-Pierre, programmée le 26 mai en milieu de journée à l’occasion d’une audience à plusieurs dizaines de milliers de charismatiques italiens, sera attentivement suivie. Le pape, censé traverser la place en papamobile, devrait ainsi apparaître sans son majordome, habituellement assis devant lui, à côté du chauffeur du célèbre véhicule blanc.

Dans le livre récemment paru «Sa Sainteté – les documents secrets de Benoît XVI» révélant de nombreux documents confidentiels, l’auteur, le journaliste italien Gianluigi Nuzzi, décrit celui qui est à l’origine des fuites comme un homme en qui le pape a confiance, mais qui souhaite réparer de nombreuses «injustices» en «faisant connaître à tous ce qui se passe au Vatican». Quel qu’il soit, assure encore Gianluigi Nuzzi, cet homme n’est pas seul. Nombre de ceux qui connaissent Paolo Gabriele se demandent ainsi «qui le manipule». (apic/imedia/ami/bb)

25 mai 2012 | 18:10
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!