Rome: Les ’Vatileaks’ suscitent une ébullition dans le paysage médiatique italien

Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège cible numéro un des ’taupes’

Rome, 28 mai 2012 (Apic) Les derniers rebondissements de l’affaire dite des ’Vatileaks’ suscitent une véritable ébullition dans la presse italienne. Le 28 mai 2012, on découvre le témoignage d’une ’taupe’ parlant sous couvert d’anonymat. Selon elle, le complot impliquerait, en plus du majordome de Benoît XVI toujours en détention, des prélats haut placés, et le secrétaire d’Etat du Saint-Siège serait la cible numéro un des ’taupes’’.

Dans une interview anonyme choc accordée au quotidien italien «La Repubblica», un homme assure que Paolo Gabriele, le majordome du pape arrêté, ne jouerait qu’un rôle d’exécutant.

«Le cerveau de l’opération n’est pas seul, il s’agit de plusieurs personnes», souligne la source se définissant comme l’une des ’taupes’. Parmi eux se trouvent des «cardinaux, leurs secrétaires personnels, des évêques et des seconds couteaux». «Il s’agit de faire émerger ce qu’il y a de pourri dans l’Eglise au cours des dernières années, à partir de 2009-2010», insiste-t-il.

L’opposition des ’taupes’ au cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone est mise en avant, de même que le constat d’un Benoît XVI «trop faible pour conduire l’Eglise». La situation semble leur avoir échappé. «C’est devenu une guerre dans laquelle on ne sait plus qui est avec qui». «Le pape est désespéré», poursuit l’homme. Selon lui, Benoît XVI «ne peut pas intervenir, car cela voudrait dire créer une fracture publique avec son bras droit», le cardinal Bertone.

Larmes du pape

Le soi-disant ’corbeau’ évoque les «larmes» de Benoît XVI, lorsque il a appris le limogeage d’Ettore Gotti Tedeschi, objet d’une «motion de défiance» de la part du directoire de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), le 24 mai dernier.

Selon un article du quotidien «Il Corriere della Sera», l’enquête bat son plein à l’intérieur du Palais apostolique. Les interrogatoires se sont poursuivis durant le week-end, malgré la solennité de la fête de la Pentecôte. Paolo Gabriele, qui est pour le moment accusé de «vol aggravé» aurait commencé à parler. L’article souligne que l’implication d’un cardinal dans l’enquête «n’est pas à exclure», très probablement un Italien.

Le vaticaniste de «La Stampa», Andrea Tornielli, raconte une histoire semblable au témoignage recueilli par «La Repubblica», sans citer son confrère. Il évoque une source anonyme «qui semble très à l’aise dans l’univers du Vatican, dont elle est très familière». Très vite dans l’article apparaissent les noms du cardinal secrétaire d’Etat, Tarcisio Bertone, et de Mgr Carlo Maria Viganò, ancien numéro deux du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican. Le premier est devenu la cible du complot conduit par les ’taupes’, le second a fait les frais, soutient la presse, de sa volonté d’imposer plus de transparence au Vatican.

Pour le soi-disant bien de Benoît XVI

Si les ’taupes’ assurent vouloir le bien de Benoît XVI, il est certain que le pape ne sortira pas indemne de l’affaire des ’Vatileaks’. Certains journalistes italiens n’hésitent pas à soulever la question d’une possible démission de Benoît XVI.

Devant le flot d’informations déversé par les journaux italiens, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a dû procéder à certaines rectifications. Dans la soirée du 27 mai, le Père Federico Lombardi démentait la thèse selon laquelle la famille du majordome du pape aurait quitté son appartement du Vatican, ainsi que l’existence d’appareils de reproduction sophistiqués dont Paolo Gabriele aurait eu usage pour diffuser des documents confidentiels. De nouvelles précisions du Père Lombardi sont attendues dans la journée du 28 mai. (apic/imedia/mm/cp/ggc)

28 mai 2012 | 12:20
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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