Rome: Confusion médiatique sur le témoignage d’un prêtre français en Syrie

Le témoin est membre de la Fraternité Saint-Pierre

Rome, 29 juin 2012 (Apic) Dans un communiqué du 28 juin 2012, l’agence d’information «Fides» prouve l’authenticité de son témoin en Syrie. L’abbé Philippe Tournyol du Clos est membre de la Fraternité traditionaliste Saint-Pierre. L’agence réagissait contre l’accusation de faux témoignage sur la situation des chrétiens, par un prétendu évêque démasqué par le Vatican.

Dans sa note, l’agence «Fides», qui dépend de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, prouve que l’auteur du témoignage publié le 4 juin dernier était bien un ecclésiastique ayant visité la ville de Homs, en Syrie. Il s’agissait d’un récit faisant état d’une situation apocalyptique vécue par les chrétiens sur place.

Documents à l’appui, signés par la hiérarchie ecclésiastique locale, «Fides» précise que l’abbé Philippe Tournyol du Clos est bien archimandrite. Par ce titre honorifique, il appartient au Patriarcat d’Antioche et de tout l’Orient, de Jérusalem et d’Alexandrie. Mais ce titre ne correspond pas à la dignité épiscopale, même si ses détenteurs peuvent s’habiller comme des évêques et se faire appeler ’Monseigneur’.

Selon la note, l’archimandrite s’est rendu en Syrie en mai 2012, où il a rencontré différents représentants des communautés chrétiennes. «Fides» a alors publié un compte-rendu de son voyage, envoyé par l’intéressé. Il faisait état d’une situation tragique pour les chrétiens sur place.

Quelques jours plus tard, la presse assurait que le Saint-Siège, par le biais de la Réunion des œuvres d’aide aux Eglises orientales (ROACO), avait «démasqué» un faux évêque, coupable de désinformation sur la situation en Syrie.

Démentis

Ni le Saint-Siège, ni la ROACO n’avaient exprimé de position officielle à propos du compte-rendu de l’archimandrite, a précisé «Fides». La Congrégation pour les Eglises orientales a confirmé cette absence de prise de position.

Le nonce apostolique en Syrie, Mgr Mario Zenari, a assuré à plusieurs reprises, y compris lors de la récente réunion de la ROACO à Rome, qu’il n’y avait pas de discrimination et «encore moins» de persécutions contre les chrétiens dans le pays, cherchant à aller contre une lecture présentant les populations chrétiennes comme des victimes de la montée de l’islamisme dans le contexte actuel d’une extrême violence.

Selon plusieurs titres de presse, l’archimandrite s’inscrirait dans cette mouvance de religieux, cherchant à convaincre l’opinion du moindre mal que représente le régime de l’actuel président syrien, Bachar al-Assad, alors que les chrétiens seraient en train de se faire massacrer.

La polémique médiatique est aussi alimentée par le profil du prêtre. L’abbé Philippe Tournyol du Clos, qui se rend fréquemment au Moyen-Orient, appartient à la Fraternité Saint-Pierre, société de prêtres traditionnels. Cet ancien de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X est par ailleurs connu pour sa proximité avec des mouvements catholiques d’extrême-droite. (apic/imedia/mm/ggc)

29 juin 2012 | 08:48
par webmaster@kath.ch
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