Important soutien national et international pour les accusées
Russie : Présence de représentants officiels occidentaux au procès de «Pussy Riot»
Moscou, 7 août 2012 (Apic) Une députée britannique et des responsables de plusieurs ambassades occidentales assistent au procès du groupe «Pussy Riot» qui a repris le 6 août. Les observateurs occidentaux guettent tout signe d’inégalité de traitement dans le déroulement du procès.
«La juge accuse l’avocat de la défense de trop parler…, la juge continue de l’interrompre», a écrit sur son compte Twitter la députée britannique Kerry McCarthy, du Parti travailliste, assistant aux débats, rapporte le quotidien catholique français «La Croix».Dès le début, l’audience a été marquée par des altercations entre les avocats des Pussy Riot et la présidente du tribunal, Marina Syrova, qui avait rejeté le 3 août la plupart des témoins cités par la défense.
«Toutes les personnes à qui j’ai parlé s’attendent à une condamnation, mais espèrent une peine clémente, pas sept ans de prison», a ajouté la parlementaire britannique.
Des Russes ont honte pour leur pays
Les trois jeunes femmes sont jugées depuis fin juillet pour avoir chanté une «prière punk» anti-Poutine en février dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou. Beaucoup de personnes en Russie ont jugé disproportionnée la réaction des pouvoirs publics face à cet acte.
L’ex-magnat du pétrole et critique du pouvoir russe Mikhaïl Khodorkovski, emprisonné depuis 2003, a déclaré le 6 août avoir «vraiment honte pour l’absence de scrupules de l’Etat qui fait honte à notre Russie, mais pas pour ces trois filles – le radicalisme de jeunesse est une erreur qui peut être pardonnée».
Un prétexte de la Russie pour «analyser sa propre conscience»
La journaliste russe Alena Solntseva écrit le 7 août pour l’agence de presse Russe «Ria Novosti» que le procès est soudainement devenue une affaire de principes qui met à jour les divisions au sein de la société russe. Selon la journaliste, les habitants du pays «perçoivent différemment les catégories du bien et du mal, comme s’ils vivaient sur des planètes différentes». Elle pense que c’est «parce que la population russe est habituée à une société monolithique et unie. C’est ainsi qu’on l’a éduquée, instruite, et cela a fonctionné pendant longtemps.»
Pour Alena Solntseva, cette division de la société est «probablement le problème numéro 1 aussi bien pour le gouvernement que pour la population». Elle voit quelque chose de positif dans cette affaire, dans le sens où la nation russe «avait probablement besoin d’un prétexte pour analyser sa propre conscience».
Artistes occidentaux mobilisés
De nombreuses autres personnalités russes et étrangères ont pris la défense des prévenues. Des musiciens britanniques de renom, parmi lesquels Pete Townshend, les Pet Shop Boys et Sting, ainsi que des stars américaines comme le chanteur du groupe Red Hot Chili Peppers, Anthony Kiedis, ou encore l’acteur américain Danny DeVito vont exprimé leur soutien aux jeunes femmes. (apic/ag/rz)




