Pour protester contre la condamnation des «Pussy Riot» ?

Russie: Vague de destructions de croix orthodoxes dans le pays

Moscou, 27 août 2012 (Apic) Des inconnus ont abattu dans la nuit au 24 au 25 août quatre croix orthodoxes dans diverses régions de la Fédération de Russie. Ces actes de vandalismes auraient été commis pour protester contre la récente condamnation à Moscou des chanteuses du groupe punk «Pussy Riot» à deux ans de camp de travail, rapporte l’édition du 27 août 2012 du quotidien russe «The Moscow Times».

Ces incidents surviennent après que des militantes féministes du groupe ukrainien «Femen» ont, le 17 août, scié une croix à la tronçonneuse à Kiev et menacé de s’en prendre aux bâtiments de l’Eglise orthodoxe russe. Trois croix ont été sciées dans la région de Tcheliabinsk, dans l’Oural, à quelque 1’500 km à l’est de Moscou, tandis que la quatrième était détruite dans la région d’Arkhangelsk, au nord de la Russie.

«Hystérie visant l’Eglise et tout ce qui est sacré»

Lorsque la police est arrivée sur les lieux, les vandales avaient déjà disparu. La croix d’Arkhangelsk avait été érigée à la mémoire des victimes de la répression politique, selon l’higoumène Feodosy, qui dénonce une «hystérie visant l’Eglise et tout ce qui est sacré». Le prêtre a déclaré à la presse que son monastère, près du lieu de l’attentat, avait déjà subi des actes de vandalisme ces dernières années, dont deux incendies criminels.

L’Eglise orthodoxe russe a demandé que les auteurs de ces actes de vandalisme soient retrouvés et punis. A l’occasion du procès des chanteuses de «Pussy Riot», qui avaient «souillé l’espace sacré de la cathédrale du Christ-Sauveur» à Moscou, le Conseil ecclésial suprême de l’Eglise orthodoxe russe avait dénoncé les exactions contre les églises.

Mise en garde du Patriarcat de Moscou

«L’avilissement des reliques vénérées par le peuple et les manifestations de haine à l’égard de l’Eglise sont nombreuses dans l’histoire. Ces actes émanent toujours de forces qui n’ont apporté au peuple ni la paix, ni le bien-être, ni la liberté», peut-on lire sur le site du Patriarcat de Moscou.

«Au XXe siècle, poursuit le Conseil ecclésial suprême de l’Eglise orthodoxe, la haine contre la religion de même que la haine ethnique ont fait des millions de victimes. Notre peuple a subi la cruauté de l’athéisme militant ainsi que l’agression fasciste. Cette expérience a été une leçon tragique qui a formé en nous une sensibilité particulière à l’égard des humiliations infligées aux sentiments religieux et nationaux. Aussi, la provocation des haines et des animosités d’ordre religieux et national porte toujours une menace de chocs destructeurs».

«Femen» soutient les attaques contre l’Eglise orthodoxe

Dans une interview à la radio Echo de Moscou Anna Shevchenko, l’une des leaders de «Femen», a soutenu dimanche 26 août les attaques contre les symboles religieux en Russie. Elle a invité les auteurs de ces actes de vandalisme à poursuivre leur campagne. Mais elle a nié que son groupe en était l’auteur. En Russie, les actes de vandalisme peuvent être punis de trois ans de prison, rappelle «The Moscow Times».

L’archiprêtre Vsevolod Tchapline, président du Département synodal des relations de l’Eglise orthodoxe russe avec la société, a demandé à la police d’arrêter les vandales et de les remettre à la justice. «Ces actions parlent clairement des valeurs morales de ceux qui attaquent l’Eglise, a-t-il déclaré à l’agence de presse russe Interfax. Avec ces actions symboliques, ils cherchent à imposer leur volonté à la majorité de la population». (apic/moscowtimes/interfax/be)

27 août 2012 | 11:47
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!