Burkina Faso: Premier Forum national sur la laïcité
Prévenir l’extrémisme religieux
Ouagadougou, 1er octobre 2012 (Apic) Le Burkina Faso veut prévenir les dangers liés à l’extrémisme religieux. Il a organisé, pour la première fois, un Forum national de trois jours sur la laïcité. L’événement a regroupé, du 27 au 29 septembre à Ouagadougou, la capitale, des représentants des communautés religieuses, de la chefferie coutumière et traditionnelle, des institutions de l’Etat, des organisations de la société civile et des ordres professionnels.
Le Forum avait pour but de réfléchir aux voies et moyens de consolider la paix dans le pays. A l’issue des travaux, les participants ont préconisé le renforcement du dialogue interreligieux et la création d’un cadre formel de concertation interconfessionnelle, rapportent les quotidiens burkinabés «Sidwaya» et «Le Pays».
Ils ont aussi proposé l’élaboration d’un document de référence sur le principe juridique de la laïcité au Burkina Faso. Le Forum pourrait aussi se voir institutionnalisé comme cadre d’évaluation des pratiques en matière de laïcité.
Les participants ont en particulier condamné les accusations de sorcellerie, une pratique très répandue dans le pays. Ils ont également recommandé l’enseignement de la Constitution dans les écoles et l’instauration d’un dialogue soutenu entre les autorités coutumières et religieuses afin de créer les conditions de la paix et de renforcer la cohésion sociale.
Pas de progrès sans paix religieuse
A la clôture du Forum, le Premier ministre burkinabé Beyon Luc Adolphe Tiao s’est engagé à accompagner «tous les acteurs» de la société, tout en observant la neutralité de l’Etat.
Il s’est félicité de la volonté de cohabitation pacifique de toutes les communautés religieuses du pays et du respect des spécificités des différentes confessions.
Le Forum a permis aux communautés religieuses de trouver «un terrain d’entente», qui est le respect mutuel et le consensus autour d’une nation paisible, souligne le pasteur Mamadou Philippe Karambiri, de l’Eglise évangélique du Burkina Faso. «Sans paix religieuse, il n’y a pas de progrès possible», a-t-il rappelé, reconnaissant que tous les points discutés ne sont pas encore épuisés.
Renforcement de la compréhension mutuelle
El Hadj Adama Sakandé, président par intérim de la communauté musulmane du pays, a estimé que les assises ont été «bénéfiques». Elles ont permis à toutes les composantes du pays de s’exprimer et de dire ce qu’elles pensent.
Enfin, Mgr Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou, a exhorté au «dialogue interreligieux et interethnique». Cet échange est nécessaire pour qu’adviennent la réconciliation, la justice, la paix et la cohésion sociale, a-t-il souligné. «Nous avons mis en relief ce que nous vivons au quotidien et nous avons essayé d’avoir une vision commune du concept de laïcité.
L’essentiel est atteint car, «la rencontre nous a permis de nous connaître et de nous accepter, malgré nos différences», a conclu Mgr Ouédraogo. (apic/ibc/rz)




