Le monde a besoin de «nouveaux saints»

Rome: L’Eglise doit éviter l’arrogance, l’hypocrisie et la bigoterie, assure un évêque philippin

Rome, 10 octobre 2012 (Apic), Pour être capable d’évangéliser de façon crédible, la hiérarchie de l’Eglise doit «éviter l’arrogance, l’hypocrisie et la bigoterie». Telle est l’opinion soutenue le 9 octobre 2012 par l’archevêque philippin Socrates Villegas lors du Synode pour la nouvelle évangélisation qui se déroule actuellement au Vatican. Depuis l’ouverture de ce synode, d’autres interventions ont par ailleurs décrit une Eglise européenne déprimée, dans laquelle il est difficile de trouver «le courage de l’évangélisation».

«La nouvelle évangélisation appelle à une nouvelle humilité», a affirmé Mgr Villegas devant les participants à la 3e congrégation générale du synode. «L’évangélisation a été blessée et continue d’être entravée par l’arrogance de ses messagers», a encore dénoncé l’archevêque de Lingayen-Dagupan. Nous devons punir ceux qui s’égarent parmi nous plutôt que couvrir leurs erreurs «car la mission de l’Eglise est de proposer humblement, et non pas d’imposer avec orgueil», a ajouté le prélat de 52 ans.

Evangéliser avec l’estomac «aussi vide que ses paroissiens»

Quand l’orgueil sommeille dans le cœur de l’Eglise, la proclamation de l’Evangile est blessée. La nouvelle évangélisation doit commencer par un sens profond de respect et de révérence envers l’humanité et sa culture, a poursuivi Mgr Villegas.

Dans une intervention qui a marqué l’assemblée, l’archevêque philippin a également assuré que, selon son expérience, les prédicateurs dans les pays du tiers-monde ne pouvaient annoncer l’Evangile que si leurs estomacs étaient «aussi vides que ceux de leurs paroissiens». Que l’on vienne de pays du premier ou du tiers-monde, chacun cherche des modèles desquels s’inspirer, a-t-il encore remarqué. Le monde a besoin de «nouveaux saints» pour la nouvelle évangélisation. A ce titre, pour l’évêque philippin, les «jeunes ont besoin de modèles d’inspiration, de héros vivants».

Une Eglise européenne déprimée

Le 8 octobre, de nombreux autres Pères synodaux ont librement pris la parole, dont plusieurs évêques européens. Selon les attachés de presse du synode et le quotidien du Vatican «L’Osservatore Romano», ces prélats sont apparus plus déprimés et démoralisés que les autres.

Un évêque du vieux continent, probablement l’archevêque de Vienne Christoph Schönborn, a reconnu qu’il y était difficile de trouver «le courage de l’évangélisation». Vous nous demandez d’être courageux, a-t-il dit devant le pape aux responsables du synode, «mais nous avons peur. Les chrétiens ont peur de s’adresser à ceux qui se sont éloignés ou, pire, qui sont hostiles».

Mgr Diarmuid Martin, archevêque de Dublin, s’est demandé comment l’Eglise et ses fidèles pouvaient «faire preuve de joie et de confiance quand les Eglises sont attaquées et, en plus, ébranlées par les scandales». Enfin, le cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes, a fustigé le «libertinage moral» rapproché au «libéralisme économique», mais aussi «la culture superficielle où les libertés individuelles sont érigées en valeur absolue». (apic/imedia/mm/ami/rz)

10 octobre 2012 | 09:36
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!