70% des conférences épiscopales ont adopté des normes contre les abus sexuels

L’Eglise tire un bilan intermédiaire de la lutte contre la pédophilie

Freising, 30 octobre 2012 (Apic) 70% des 113 conférences épiscopales dans le monde ont établi à ce jour des directives pour le traitement des abus sexuels dans l’Eglise, a indiqué le 29 octobre 2012, Mgr Charles Scilcuna, promoteur de la justice du Vatican. «Nous sommes en bonne voie» a estimé le prélat à l’occasion d’un congrès international sur la question, à Freising, en Allemagne.

Pour les deux Amériques, toutes les conférences épiscopales ont répondu à l’exigence du Vatican de disposer de normes de procédure en cas d’abus sexuels. Pour l’Afrique, plus de la moitié ne l’ont pas encore fait, a expliqué le ’procureur’ du Vatican qui vient d’être nommé évêque auxiliaire sur son île natale de Malte. Pour le continent européen, il manque encore sept conférences épiscopales : Bulgarie, Croatie, Lettonie, Roumanie, Hongrie, Biélorussie et Turquie.

En mai 2011, la Congrégation pour la doctrine de la foi avait donné un délai d’un an aux conférences épiscopales du monde entier pour la mise en place de normes en matière d’abus sexuels. En mai et juin 2012, des rappels ont été adressés à celles qui n’en disposent pas encore, a relevé Mgr Scicluna. La plupart des pays occidentaux disposaient déjà de telles procédures depuis la fin des années 1990. Pour la Suisse, les normes établies en 2002 ont été renforcées en 2010.

Le prélat romain s’est également félicité de la bonne collaboration avec les autorités civiles. L’idée d’un refus de collaboration est exclue. Même dans les pays où il n’existe pas d’obligation de dénoncer les abus sexuels, les responsables d’Eglise sont tenus de soutenir les victimes pour la reconnaissance de leurs droits.

Améliorer l’écoute des victimes

Pour la psychiatre anglaise Sheila Hollins, oratrice invitée à ce congrès, la protection des mineurs et des victimes d’abus doit être une priorité mondiale dans l’Eglise. Cela exige notamment la transparence. Les prêtres comme les laïcs doivent savoir clairement qu’il n’y aura pas la moindre tolérance pour les abus sexuels. Personne dans l’Eglise ne doit être protégé contre des poursuites pénales dans le cas où ces abus sont mis au jour.

Il s’agit également d’aider les responsables ecclésiaux à améliorer leur communication dans les cas d’abus. Ecouter les victimes peut être douloureux et demande beaucoup de patience et de sensibilité. Pour les victimes, être écoutées et crues est un élément essentiel du processus de guérison, relève la psychiatre.

Programme de formation internationale par internet

Le congrès est aussi l’occasion de présenter le programme de formation par internet, disponible depuis début octobre en anglais, italien et allemand. Une version espagnole devrait suivre en janvier 2013. 235 personnes de six pays participent à ce cours accompagné par 26 formateurs ou consultants. Ce programme a été élaboré par le Centre catholique de protection de l’enfance de l’archidiocèse de Munich et par l’Université pontificale grégorienne à Rome.

Le vice-directeur de l’Université grégorienne, le Père Hans Zollner, a relevé que dans nombre de pays, la protection des enfants n’existe que sur le papier. L’Eglise peut être un élément fédérateur important de la lutte contre cette injustice. Certes depuis quelques temps, le thème des abus sur des enfants est moins au cœur de l’actualité. Mais l’Eglise et la société doivent rester prêtes à assumer leurs responsabilités et à travailler à un avenir meilleur, a conclu le jésuite. (apic/kna/mp)

30 octobre 2012 | 16:49
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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