Philippines : Les évêques invitent à prendre au sérieux la doctrine sociale de l’Eglise

Le président Aquino doit mettre en œuvre de véritables réformes

Manille 31 janvier 2013 (Apic) Les évêques catholiques des Philippines interpellent le président Aquino et l’ensemble des responsables politiques du pays. S’appuyant sur l’Evangile et la doctrine sociale de l’Eglise, ils appellent à la mise en place de véritables réformes dans le pays.

A l’issue de leur assemblée plénière de trois jours, les évêques ont publié une «Déclaration pastorale au sujet de certains problèmes sociaux actuels». Dans ce texte de cinq pages, ils appellent à lutter contre des maux auxquels les différentes administrations qui se sont succédé à la tête du pays n’ont pas apporté de réponses satisfaisantes. «Nous prenons la parole à la place de ceux qui souffrent», expliquent les évêques.

Le document, signé par Mgr Jose Palma, archevêque de Cebu et président de la Conférence épiscopale philippine (CBCP), commence par évoquer les typhons Sendong et Pablo qui ont dernièrement causé de très lourds dommages dans le pays. Si ces catastrophes sont naturelles, l’ampleur des dégâts qu’elles provoquent ne l’est pas, écrivent les évêques : «La destruction de nos ressources naturelles, de nos forêts et de nos fleuves, résultat d’une activité forestière et minière sans limite», nous amène à  » examiner et à interroger la sincérité, la qualité et l’efficacité de la politique pratiquée par nos dirigeants».

L’épiscopat philippin place en tête de ses préoccupations «la promotion d’une culture de mort» dans la société, en raison de  » la soumission de nos dirigeants politiques et économiques aux pratiques issues des pays occidentaux». Il poursuit par une dénonciation de «la corruption et des abus de pouvoir» constatés au sein de l’administration.

La main-mise des grandes familles

Sur le même ton sans concession, l’épiscopat met en cause un des traits caractéristiques de la vie politique aux Philippines, à savoir la permanence à travers le temps de grandes familles – «les dynasties politiques» – qui trustent les postes électifs et gouvernementaux. Ces dernières décennies, quels que soient les régimes en place, le Congrès philippin (Sénat et Chambre des représentants) a compté entre 60 et 75 % de membres issus de ces grandes familles. A l’approche des élections de mai prochain, l’épiscopat dénonce un système «qui nourrit la corruption et l’inefficacité» en bridant l’arrivée de sang neuf au sein du personnel politique.

La culture de l’impunité et le fossé considérable qui sépare les riches et les pauvres sont d’autres préoccupations des évêques. Lors de la conférence de presse de présentation de cette déclaration, Mgr Palma a précisé que l’épiscopat philippin n’entretenait aucune vindicte personnelle à l’encontre du président Aquino. Il a également ajouté que son Eglise ne cherchait pas à condamner mais à faire prendre conscience des réalités et à contribuer à y apporter des solutions.

Mgr Broderick Pabillo, évêque auxiliaire de Manille et président du Secrétariat national pour l’Action sociale – ’Justice et Paix’ de la CBCP, a souligné que les évêques ne prenaient la parole que pour défendre ceux qui souffraient. (apic/eda/mp)

31 janvier 2013 | 09:16
par webmaster@kath.ch
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