Birmanie: Accord entre bouddhistes et musulmans pour prévenir de nouvelles violences
Les autorités exhortées à protéger pagodes et mosquées
Naypyidaw, 13 septembre 2013 (Apic) Des moines bouddhistes et des représentants musulmans de Birmanie ont signé, le 10 septembre 2013 à Rangoun, la plus grande ville du pays, un accord visant à prévenir de nouvelles violences entre les deux communautés. Il a également été demandé aux autorités de poster des forces de sécurité devant les pagodes et mosquées du pays. Des heurts interreligieux se sont produits de façon sporadique dans certaines régions du Myanmar, ces derniers quinze mois.
L’accord, qui se veut informel, propose d’établir des lignes de communication directe entre les responsables bouddhistes et musulmans au plan national, rapporte le 12 septembre 2013 Eglises d’Asie (EDA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris. Il a aussi été demandé aux autorités gouvernementales de poster des forces de sécurité devant les pagodes et les mosquées afin d’empêcher qu’un incident ne dégénère en émeutes meurtrières.
De façon surprenante, l’une des personnalités phare du mouvement antimusulman de ces derniers mois, le moine Wirathu, se trouve parmi les signataires bouddhistes. Le religieux est célèbre pour avoir fait la couverture de l’hebdomadaire américain «Time», en juillet dernier, sous le titre «The Face of Buddhist Terror» (le visage du terrorisme bouddhiste). Wirathu ne fait pas mystère de sa volonté de protéger l’identité birmane, associée au bouddhisme, d’une supposée volonté de conquête musulmane venue du sous-continent indien. Ce 10 septembre, il a toutefois déclaré à la presse qu’il fallait «trouver des solutions» pour mettre fin aux violences.
Une majorité de musulmans tués
Du côté musulman, un seul représentant d’une communauté pourtant diverse était présent à la signature de l’accord. «Nous avons des extrémistes de part et d’autre. Nous devons les empêcher d’agir autant que faire se peut, de manière à construire la paix entre nos deux communautés», a précisé Diamond Shew Kyi.
L’accord intervient dans un contexte où les tensions entre musulmans et bouddhistes sont vives. Les violences meurtrières de 2012 dans l’Arakan, au sud-ouest du pays, exercées contre la communauté musulmane Rohingya, ont fait près de 200 morts et 140’000 déplacés. L’année 2013 a été marquée par des flambées de violence en diverses régions. Les dernières en date se sont produites le mois dernier dans la «Division Sagaing», au centre du pays. Suite à une rumeur d’agression sexuelle d’une bouddhiste par un musulman, une foule en colère a pris d’assaut un quartier musulman et incendié une cinquantaine d’habitations. Depuis janvier, plus de quarante personnes, en très grande majorité des musulmans, ont trouvé la mort dans des violences interreligieuses. (apic/eda/rz)




