Népal: Les leaders des grandes religions du pays se mobilisent contre les mariages précoces
Des milliers de jeunes filles privées de scolarité
Katmandou, 17 septembre 2013 (Apic) Les dirigeants hindouistes, bouddhistes, chrétiens et musulmans du Népal font front commun pour mettre un terme aux mariages des jeunes filles mineures. Ils ont accepté de participer à une campagne médiatique de sensibilisation contre cette pratique culturelle qui fait sortir chaque année des milliers de jeunes filles du circuit scolaire.
Conscients du prestige moral dont bénéficient les leaders religieux dans les communautés rurales du Népal, plusieurs organisations de défense des droits de l’enfant, dont l’Unicef (le Fonds des Nations unies pour l’enfance) ont officiellement lancé le 15 septembre 2013, à Katmandou, la capitale, une action collective. Un clip audio et vidéo sera diffusé dans les médias nationaux, dans lequel les dignitaires dénoncent, sur la base de motifs religieux, la pratique des mariages précoces, rapporte le quotidien népalais «The Kathmandu Post».
Une pratique incompatible avec la religion
Les leaders expliquent que les livres saints n’interdisent pas les mariages précoces en tant que tels. Mais le mariage d’enfants est incompatible avec les obligations posées aux mariés dans les principales religions. «Les écrits bouddhistes stipulent qu’une épouse doit être capable de s’occuper du ménage et de la propriété de son mari», explique Dharma Murti. Le leader bouddhiste souligne qu’un enfant ne peut pas être prêt à cela.
Des milliers de jeunes népalaises abandonnent l’école chaque année pour se marier, ce qui leur bloque l’accès à l’éducation, selon le gouvernement. Les parents, qui ont recours à cette pratique pour économiser les frais de scolarité, n’ont souvent pas conscience de l’impact que cela peut avoir sur l’avenir de leurs filles. Dans plus de 34% des nouveaux mariages, l’épouse est âgée de moins de 15 ans, malgré l’interdiction de cette pratique, selon le ministère népalais de la femme, de l’enfant et du bien-être social. La dot est une préoccupation majeure, spécialement pour les familles pauvres. Plus la fille est jeune, moins la dot est importante. (apic/katpost/ag/rz)




