«Il n’y a pas de place en islam pour de telles actions terroristes», déclare le Conseil des oulémas

Pakistan: Condamnations tous azimuts de l’attaque antichrétienne de Peshawar

Peshawar, 23 septembre 2013 (Apic) «Il n’y a pas de place en islam pour de telles actions terroristes», a déclaré le Conseil des oulémas du Pakistan après l’attentat suicide qui a fait plus de 80 morts et 150 blessés le 22 septembre 2013 devant une église de Peshawar, au nord-ouest du pays. Les condamnations les plus virulentes se succèdent, autant des milieux chrétiens que musulmans.

Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a dénoncé une attaque «cruelle», contraire aux valeurs de l’islam, rapporte le 23 septembre 2013 Eglises d’Asie (EDA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris. Le ministre fédéral de l’Intérieur Chaudhry Nisar s’est rendu sur place le jour même de l’attaque. Il a déclaré que les auteurs de l’attentat étaient des ennemis de l’islam et du Pakistan. Le président de la République Mamnoon Hussain a exprimé sa solidarité avec la communauté chrétienne du pays.

Faillite des autorités?

Le Conseil des oulémas du Pakistan a fermement condamné l’attentat et affirmé que tuer des innocents était contraire à l’islam. «Il n’y a pas de place en islam pour de telles actions terroristes», a déclaré son chef, Allama Tahir Mehmood Ashrafi.

Pour les catholiques, le président de la Conférence épiscopale du Pakistan, Mgr Joseph Coutts, a condamné l’action «dans les termes les plus fermes» et appelé à la prière pour les victimes et leurs proches.

Mgr Humphrey Peter, évêque anglican de Peshawar, qui s’est rendu sur les lieux de l’attentat, a appelé de ses vœux une action rapide des autorités pour que les responsables soient traduits en justice. Il a également dénoncé «la faillite des autorités» dans leur mission d’assurer la sécurité des minorités dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, dont Peshawar est la capitale.

Stratégie de négociation avec les talibans remise en question

A travers le pays, la petite minorité chrétienne du Pakistan a rapidement manifesté sa rage et son impuissance à être ainsi prise pour cible par des terroristes. Dans les principales villes du Pendjab et du Sind, au sud du pays, des chrétiens sont descendus dans la rue pour dénoncer la trop faible protection dont bénéficient leurs lieux de culte.

L’attentat est intervenu à un moment où le Premier ministre Nawaz Sharif cherche à ouvrir un canal de négociations avec les talibans pakistanais pour parvenir à un accord de paix dans la région troublée du nord-ouest. Une stratégie dès à présent remise en question. (apic/eda/rz)

23 septembre 2013 | 17:39
par webmaster@kath.ch
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