Rome/Vancouver: Mgr Zen souhaite un plus grand engagement du Vatican en faveur des catholiques chinois
Pour le cardinal chinois, il y a encore trop de compromis avec Pékin
Rome/Vancouver, 16 novembre 2013 (Apic) Le cardinal chinois Joseph Zen Ze-kiun, ancien évêque de Hong Kong, connu pour sa lutte en faveur de la liberté religieuse en Chine, a appelé le Vatican à parler de façon plus claire pour défendre les catholiques de ce pays. L’évêque émérite mentionne en particulier les communautés catholiques clandestines, appelées aussi «souterraines», quoique parfaitement connues de la police.
Ces communautés clandestines refusent de se faire enregistrer au sein de l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC), contrôlée par le gouvernement. . «Le Saint-Siège doit choisir entre être clair ou accepter le compromis», a déclaré le cardinal dans une interview accordée à l’agence de presse catholique américaine CNS.
Des restes d’»Ostpolitik»
L’évêque retraité a déploré que du côté des instances du Vatican, on préfère le compromis, en faisant allusion à ce qui resterait de l’»Ostpolitik» (»la politique à l’Est»), dont l’une des grandes figures fut le cardinal Agostino Casaroli, secrétaire d’Etat du Vatican. Ce dernier signa notamment, durant la «guerre froide», des accords avec la Hongrie communiste en 1964 et avec la Yougoslavie en 1966, qui marquèrent le début des relations du Saint-Siège avec des Etats où l’on persécutait les chrétiens.
Le cardinal Zen souligne dans cette interview les divisions qui affectent les catholiques chinois, dont le nombre est estimé à quelque 10 millions. Ces divisions, assure-t-il, existent non seulement entre les «clandestins» et ceux qui acceptent le contrôle du gouvernement, mais aussi entre ceux qui acceptent l’exigence du gouvernement de se faire enregistrer au sein de l’APCC.
La «communauté catholique souterraine» souffre
L’évêque émérite de Hong Kong affirme que ce que l’on peut appeler la «communauté catholique souterraine» souffre: «Ils se sentent abandonnés. Les mesures prises par Rome ne sont pas en leur faveur. Ainsi, par exemple, de nombreux évêques meurent et aucun successeur n’est nommé… A mon avis, cette politique est une erreur, et par conséquent, l’Eglise devient de plus en plus faible».
Pour Mgr Joseph Zen Ze-kiun, le cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation romaine pour l’évangélisation des peuples, «un diplomate qui a une longue expérience de la Chine», et le secrétaire de la Congrégation, l’archevêque Savio Hon Tai-Fai, le plus haut gradé chinois au Vatican, sont des hommes qui «comprennent mieux la situation» que d’autres responsables en charge à Rome.
Le Canada récompense l’engagement du cardinal Joseph Zen
Le cardinal Joseph Zen a reçu le «Prix John Diefenbaker 2013» pour sa défense des droits de la personne et de la liberté, le 31 octobre 2013, à Vancouver. La distinction lui a été remise par John Baird, ministre canadien des Affaires étrangères, du commerce et du développement. Il était accompagné d’Andrew Bennett, ambassadeur canadien en charge du Bureau de la liberté de religion, une structure rattachée au ministère des Affaires étrangères canadien.
Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), de même que Mgr J. Michael Miller, archevêque de Vancouver, étaient également présents à la cérémonie. «En lui remettant ce prix, le Canada rend hommage au cardinal Zen pour son engagement indéfectible envers les droits de la personne, la démocratie et la liberté de religion en Chine. Le cardinal Zen n’a jamais relâché son ardeur en faveur de la défense et de la promotion de la dignité humaine», a affirmé John Baird, lors de la remise du prix.
La liberté de religion est un droit universel, a déclaré à cette occasion l’ambassadeur Bennett. «Le cardinal Zen a défendu ce droit à la fois à Hong Kong et en Chine continentale. Il a signalé les violations à la liberté de religion en Chine continentale et a critiqué les ordinations unilatérales d’évêques catholiques par des représentants du gouvernement». (apic/cns/cecc/be)




