Suisse : 302e assemblée ordinaire de la Conférence des évêques suisses à Lugano
La famille au centre des préoccupations des catholiques suisses
Berne, 5 décembre 2013 (Apic) Synode des évêques sur la famille, visite ad limina à Rome, renouvellement des membres…De nombreux sujets étaient à l’ordre du jour de la 302e assemblée ordinaire de la Conférence des évêques suisses (CES) réunie à Lugano du 2 au 4 décembre. Son président, Mgr Markus Büchel, en a présenté les principaux points à la presse le 5 décembre à Berne. Avec une surprise positive : le fort intérêt des catholiques pour la famille.
Les questions liées à la famille restent une préoccupation majeure pour les catholiques en Suisse. Pas moins de 10’000 retours ont ainsi déjà été enregistrés dans le cadre de la consultation en vue du Synode des évêques sur la famille qui doit se tenir en octobre 2014, à Rome. Mgr Markus Büchel, président de la CES, s’est félicité de ce large intérêt du public. En fait les catholiques suisses sont invités à répondre à deux démarches : d’une part au questionnaire ›officiel’ proposé le Vatican et de l’autre au sondage élaboré par l’Institut de théologie pastorale de St-Gall (SPI). Selon le secrétaire général de la CES, Erwin Tanner, il ne faut y voir aucune concurrence, mais plutôt une complémentarité. Une partie des questions s’adressent davantage aux évêchés ou aux institutions, les autres au grand public. Le SPI synthétisera les réponses pour donner une image des attentes des catholiques sur ce thème central de la famille. La consultation se prolonge jusqu’à la fin de l’année. « Pour nous, ces retours sont très utiles », insiste Mgr Büchel.
Un coup de jeune à la CES
Avec trois arrivées, celle de Mgr Valerio Lazzeri à Lugano, de Mgr Alain de Raemy comme auxiliaire pour le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, et celle du nouvel Abbé d’Einsiedeln, dont le nom n’est pas encore publié, la CES connaît un renouvellement important et un bon coup de jeune. « J’ai un grand espoir que nous formions une ›bonne’ conférence, relève son président Mgr Markus Büchel. Il est important pour moi de donner une image d’unité et de concorde et non pas de division. Même si nous provenons de diocèses dont les contextes sont différents et si nous avons parfois des opinions divergentes, nous devons cultiver les rapports fraternels. C’est une grande responsabilité de tenir compte de toutes les ›couleurs’ du peuple de Dieu, comme nous le demande le pape François. »
Pas de mots d’ordre pour les votations fédérales
Les premières pierres d’achoppement pourraient survenir déjà au mois de février 2014 avec les votations fédérales sur l’immigration de masse et sur le financement de l’avortement. Sur ces deux objets, la CES ne donnera pas de mots d’ordre directs, elle rappellera seulement les principes de base, a expliqué Walter Müller. Pour le porte-parole de la CES, le respect de la dignité de la personne humaine et de ses droits doit primer dans toutes les questions de migration, mais il appartient au politique de déterminer les mesures concrètes de régulation. Quant à l’initiative sur le financement de l’IVG, elle a le mérite de rappeler que l’avortement ne peut pas être quelque chose de ›normal’. Mais il convient aussi de souligner que l’on ne peut pas faire l’impasse sur le principe de solidarité et qu’il ne s’agit pas que d’une question d’argent.
Visite ad limina à Rome en février 2014
Du 20 au 22 février 2014, les évêques suisses se rendront à Rome en visite ad limina. S’il s’agit de prier sur le tombeau des apôtres Pierre et Paul, l’objectif principal est de rencontrer le pape et les divers dicastères de la curie romaine. « Comme la convocation est récente, les sujets à traiter ne sont pas encore tous déterminés », explique Erwin Tanner. Les questions des relations Eglise-Etat et des rapports entre les diocèses et les corporations ecclésiastiques seront à n’en pas douter un point important. Mgr Büchel y ajoute la question du clergé ou encore celle de la formation théologique. « Mais tous les problèmes ne seront pas résolus en rentrant de Rome ! » avertit le président de la CES.
Le nouveau Notre-Père en 2016 seulement
La question du changement de la traduction en français de la prière du Notre-Père a passablement agité les esprits au cours des dernières semaines. Il ne sera effectif dans la liturgie qu’à partir de l’édition du nouveau missel romain, probablement au début 2016, a rassuré Walter Müller. A partir de cette date les catholiques diront non plus « Ne nous soumet pas à la tentation » mais « Ne nous laisse pas entrer en tentation ».
Abus sexuels dans le cadre de la pastorale
Au chapitre des nominations on peut retenir celle de Jacques Nuoffer, responsable du Soutien aux personnes abusé-e-s dans une relation d’autorité religieuse (SAPEC) au sein du groupe d’experts « Abus sexuels dans le cadre de la pastorale ». « Nous voulons offrir aux victimes la possibilité d’intégrer le groupe d’experts, se justifie Erwin Tanner. Nous parlons sur les victimes, mais devons aussi parler avec elles et les laisser s’exprimer. » (apic/mp)




