Jérusalem : En Terre Sainte, une population enthousiaste attend le pape François, assure le patriarche latin

Entendre le message de dialogue et de paix

Rome, 8 janvier 2014 (Apic) En Terre Sainte, où l’enthousiasme autour de la personne du pape François est unanime, les différentes communautés et religions attendent avec impatience sa visite, programmée du 24 au 26 mai 2014. Pour le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, qui fera partie de la délégation papale lors de ce court voyage, les risques de récupération de part et d’autre sont normaux, car le monde aura les yeux rivés sur la région pendant ce déplacement, mais tous seront à l’écoute du message du pape, dans un contexte troublé.

Q : Comment interprétez-vous la brièveté de la visite du pape François dans la région ?

Mgr Fouad Twal : Il ne s’agit pas de songer à la longueur de la visite, mais à la visite en elle-même, à son impact et à ses conséquences sur la Terre Sainte et le Moyen-Orient. L’écho de son voyage dépendra de lui. C’est déjà bien que quelqu’un prie pendant trois jours pour la région ! Quant à nous, nous allons faire de notre mieux pour l’accueillir, dans ce Moyen-Orient en crise, pour que sa visite ait le meilleur impact possible sur la population et les dirigeants. Nous espérons que cela sera l’occasion d’oublier pour un moment notre dure situation et d’entendre son message de dialogue et de paix.

Q : Le pape a parlé d’un pèlerinage de prière… Mais cette visite a aussi une dimension politique. Craignez-vous des récupérations des paroles du pape de part et d’autre ?

F.T. : Bien sûr que cette visite a une dimension politique, car cette dimension est notre oxygène. Nous respirons la politique dans chaque action, dans chaque rencontre, dans chaque cérémonie, dans le contexte qui est le nôtre, celui de la crise de la région, notamment en Syrie, et de l’occupation israélienne. Tous, Jordaniens, Palestiniens et Israéliens, essaieront de profiter au maximum de cette visite, y compris pour servir leur propagande. C’est normal. Même moi, en tant que chef de l’Eglise catholique, j’essaierai de donner la meilleure image possible, car les yeux du monde entier seront rivés sur nous lors de la visite du pape en Terre Sainte.

Q : Qu’attendent les chrétiens de Terre Sainte de cette visite ? Comment vont-ils se préparer ?

F.T. : Nous attendons avant tout la consolidation des liens entre catholiques et orthodoxes, la poursuite de ce qui a été amorcé il y a 50 ans lors de la rencontre entre Paul VI et le patriarche Athénagoras. Peut-être à l’époque y avait-il trop d’enthousiasme. Jusqu’au voyage, nous allons beaucoup parler de la visite dans notre Eglise. Prochainement, lors de la célébration du baptême du Seigneur (grand rendez-vous des chrétiens de Terre Sainte, sur les rives du Jourdain, ndlr), nous rappellerons les paroles de Paul VI lors de sa visite, en 1964. Mais tout le monde, pas seulement les chrétiens, attend le pape, qui suscite un immense enthousiasme, y compris au sein du monde musulman.

Q : Quels seront les principaux moments de ce voyage ?

F.T. : Le pape sera reçu au Palais royal à Amman, et célèbrera ensuite une grande messe dans le stade. Puis il dînera sur le site du baptême du Seigneur, du côté jordanien du fleuve, avec un groupe de réfugiés syriens mais aussi de pauvres et de handicapés, des personnes des «périphéries». Le lendemain matin, il quittera Amman en hélicoptère pour arriver à Bethléem, où il sera reçu par le président palestinien, Mahmoud Abbas, avant de rencontrer des responsables musulmans et de célébrer la messe sur la place de la Mangeoire, devant la Basilique de la Nativité. Il déjeunera ensuite avec des familles des alentours, avant de repartir en hélicoptère pour l’aéroport de Tel Aviv, où il sera officiellement accueilli par les autorités israéliennes. Dans l’après-midi, il ira au Saint Sépulcre, point culminant de sa visite, où il rencontrera le patriarche Bartholomée et les autres chefs des Eglises chrétiennes pour un temps de prière œcuménique. Nous sommes en train de préparer cette rencontre.

Q : Et pour le côté israélien ?

Il rencontrera le président Shimon Peres et des responsables juifs, se rendra très probablement au Mur occidental. On ne sait pas encore très bien ce qu’il en est quant à une possible visite au mémorial de la Shoah Yad Vashem. Le programme est encore à l’étude. Par ailleurs, une étape au Cénacle est prévue, de même qu’une rencontre avec le clergé et les consacrés de Terre Sainte dans la basilique des Nations, à Gethsémani, et un dîner au Patriarcat latin. (apic/imedia/mm/mp)

8 janvier 2014 | 14:21
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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