Genève: Devant l'ONU, le Vatican présente ses mesures de lutte contre la pédophilie au sein de l'Eglise catholique

Désormais, tous les citoyens du Vatican peuvent être poursuivis pour des actes de pédophilie

Genève, 16 janvier 2013 (Apic) A la tête d’une délégation du Saint-Siège, Mgr Silvano Tomasi a exposé, le 16 janvier 2014, devant le Comité des droits de l’enfant des Nations unies à Genève, les grandes lignes des mesures mises en place par le Vatican pour lutter contre la pédophilie au sein de l’Eglise catholique et pour la protection de l’enfance en général. Le prélat a assuré que le Vatican était disposé à accueillir toute suggestion à même d’aider le Saint-Siège à protéger toujours davantage les enfants.

Dans son discours de présentation du rapport remis sur demande du comité, Mgr Tomasi a rappelé les différents niveaux de l’action du Saint-Siège dans sa lutte contre les crimes pédophiles. L’Etat de la Cité du Vatican a adopté récemment une législation spécifique pour se conformer en la matière aux standards internationaux. Désormais, tous les citoyens du Vatican – peu nombreux au demeurant – peuvent être poursuivis pour des actes de pédophilie.

Mgr Tomasi a notamment cité le cas du Polonais MgrJozef Wesolowski, ancien nonce apostolique en République dominicaine, actuellement soumis à une enquête canonique de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et à une enquête pénale du Tribunal du Vatican. Le prélat a également souligné qu’un très petit nombre d’enfants résidaient au Vatican.

Lignes directrices

Sur un autre niveau, la position «d’organe central» du Vatican dans l’Eglise catholique lui a permis d’émettre des lignes directrices pour faciliter le travail des Eglises locales dans le développement de mesures effectives dans leur juridiction et en conformité avec le droit canon, a indiqué l’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies. Ainsi, des mesures en conformité avec les lois de chaque pays «dans le but de lutter contre de nouveaux cas d’abus sexuels» ont été adoptées, a-t-il précisé. Mgr Tomasi a notamment fait référence à une charte adoptée par l’Eglise américaine pour la protection des enfants.

S’il a expliqué que les Eglises locales se conformaient aux «lois nationales», Mgr Tomasi a ainsi implicitement expliqué que le Vatican ne pouvait être tenu pour responsable pénalement des crimes de ses évêques et de ses prêtres à travers le monde, ce à quoi s’opposent plusieurs associations de victimes.

Par ailleurs, le prélat a rappelé l’adhésion complète du Saint-Siège aux protocoles optionnels de la Convention des droits de l’enfant sur les sujets de la prostitution et la vente d’enfants, la pédopornographie ou l’enrôlement forcé de mineurs dans les conflits armés.

Rappelant que la protection de l’enfance était un engagement de longue date du Saint-Siège, Mgr Tomasi a souligné que le souverain pontife actuel avait lui aussi ce sujet à cœur. Et de rappeler que, le 5 décembre dernier, le pape François avait annoncé la création d’une commission spéciale pour la protection des enfants «dans le but de proposer de nouvelles initiatives» pour protéger l’environnement des enfants et «d’améliorer les efforts pour le soin pastoral envers les victimes de crimes de pédophilie dans le monde entier».

«Le Saint-Siège, a enfin affirmé Mgr Tomasi, attend avec impatience d’accueillir les suggestions de la part du comité» qui pourraient l’aider à «promouvoir et à encourager le respect des droits de l’enfant» et favoriser la mise en place des dispositions de la Convention, ratifiée par le Saint-Siège en 1990, et de ses protocoles.

Compétences limitées

La délégation du Saint-Siège devait ensuite être soumise aux questions du comité. Dans une note publiée le même jour, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi, a assuré que les réponses écrites renvoyées au comité étaient la preuve de la «pleine collaboration» du Saint-Siège dans le domaine de la protection de l’enfance. Toutefois, le ›porte-parole’ du Vatican a également rappelé les limites des compétences du comité mais aussi de la responsabilité du Saint-Siège. Souvent, a relevé le Père Lombardi, les questions exprimées «semblent supposer que les évêques et les supérieurs religieux agissent comme les représentants ou les délégués du pape, ce qui est sans fondement».

C’est pour cette raison que le Vatican avait refusé de répondre à un questionnaire envoyé par les Nations Unies, demandant des informations sur les procédures canoniques concernant les cas de quelque 4000 ecclésiastiques traités par la Congrégation pour la doctrine de la foi.

De même, dans une interview diffusée sur Radio Vatican, Mgr Tomasi a affirmé que le Vatican n’était pas coupable d’entrave à la justice dans les affaires de pédophilie ayant impliqué des membres du clergé. «Le Saint-Siège soutient le droit et le devoir de chaque pays à poursuivre tout crime contre les mineurs», a-t-il ajouté, rappelant l’engagement du Saint-Siège pour plus de transparence et de justice. (apic/imedia/mm/mb)

16 janvier 2014 | 15:16
par webmaster@kath.ch
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