Corée du Sud: Les «femmes de réconfort» invitées à la messe du pape pour la réconciliation

La lourde mémoire des esclaves sexuels de l’armée japonaise

Séoul, 1er juillet 2014 (Apic) Les «femmes de réconfort», euphémisme japonais désignant les femmes contraintes à se prostituer pour l’armée impériale japonaise au cours de la seconde guerre mondiale, ont été invitées à la messe «pour la paix et la réconciliation» que le pape célèbrera le 18 août prochain à Séoul.

La nouvelle a été annoncée le 1er juillet 2014 par une porte-parole du comité d’organisation du voyage du pape François en Corée du Sud, rapporte Eglises d’Asie (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris.

Selon le programme, la messe, qui clôture le voyage de quatre jours que le pape effectuera en Corée du Sud à l’occasion des sixièmes Journées asiatiques de la jeunesse, sera toute entière dédiée au thème de la paix et de la réconciliation. La cérémonie sera certainement l’occasion pour le pontife de rappeler le drame que constitue la division de la Péninsule coréenne. Mais le pape appellera probablement également à la réconciliation et au pardon face à un passé dont les cicatrices sont loin d’être refermées.

Selon l’ AFP, il est prévu que le pape adresse un message aux «femmes de réconfort» mais une éventuelle rencontre directe est incertaine.

Nouvelles tensions

L’annonce du comité d’organisation intervient à un moment où les relations entre Séoul et Tokyo sont à nouveau tendues concernant la mémoire liée au sort des prostituées forcées de l’Empire du Japon. La semaine dernière, le gouvernement coréen a fait part de son «profond regret» pour une déclaration officielle japonaise remettant partiellement en cause la déclaration dite de Kono. Formulée en 1993, la déclaration de Kono Yohei, à l’époque porte-parole du gouvernement japonais, reconnaissait l’implication des autorités militaires dans l’organisation de cette prostitution de masse et exprimait des remords à toutes les femmes qui subirent des souffrances physiques et mentales irréparables.

L’ambassadeur du Japon a été convoqué au ministère des Affaires étrangères coréen et Séoul a annoncé la publication, d’ici à juillet 2015, d’un Livre blanc destiné à clarifier la question de l’esclavage sexuel de femmes coréenne dans le but de protester contre la révision par le Japon de ses excuses sur de telles atrocités.

Plus que 54 «femmes de réconfort»

Avant et pendant la seconde guerre mondiale, quelque 200’000 femmes, principalement coréennes, ont servi d’esclaves sexuels dans les bordels militaires de l’armée japonaise stationnée en Asie. Près de 70 ans après la fin de la guerre, l’association qui fédère les survivantes sud-coréennes n’en dénombre plus que 54.

Au Japon, l’opinion publique reste majoritairement acquise à l’affirmation selon laquelle le gouvernement militaire impérial de l’époque s’est rendu coupable de la mise en place et de la gestion de ces bordels militaires, mais une fraction de la droite nationaliste, dont l’actuel Premier ministre Abe Shinzo, conteste le bien-fondé de la déclaration Kono. (apic/eda/rz)

1 juillet 2014 | 17:50
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!