Lampedusa: Il y a un an, le pape venait «pleurer les morts» de l’immigration clandestine
Une visite reçue de façon mitigée en Italie
Rome, 4 juillet 2014 (Apic) Il y a un an, le 8 juillet 2013, le pape François avait effectué son premier déplacement en Italie sur l’île de Lampedusa, où il avait fustigé avec force et émotion la «globalisation de l’indifférence» face au drame des migrants. Cette visite pour «pleurer les morts» de l’immigration avait marqué les esprits et avait été reçue de façon mitigée dans la Péninsule.
Dès le début de son pontificat, le pape François n’a eu de cesse d’inviter l’Eglise à aller à la rencontre de ceux qui se trouvent en marge, aux «périphéries de l’existence». Moins de quatre mois après son élection, il a alors créé la surprise en se rendant lui-même à Lampedusa, à l’extrême sud de l’Italie, point de chute de milliers d’immigrés chaque année.
A Lampedusa, où il avait demandé de ne pas être accompagné de responsables politiques italiens et où le protocole avait été réduit au minimum, le pape François était d’abord monté à bord d’un navire des gardes côtes. Depuis le bateau escorté par plusieurs embarcations de pêche, après un long moment de recueillement face à la mer, le pape avait simplement jeté une couronne de fleurs jaunes et blanches en mémoire des victimes de l’immigration, bénissant la mer d’un signe de croix, en silence.
Après s’être entretenu sur un quai avec quelques migrants, il avait célébré la messe sur un terrain de sport, en présence d’habitants de la petite île et de migrants. Face au drame de l’immigration, «nul ne se sent responsable» du sang versé, avait alors déploré le pape François avec force dans son homélie. Sans prendre de pincettes, il avait dénoncé la «mondialisation de l’indifférence» et s’en était pris aux passeurs pour qui la pauvreté des autres est source de profit.
Controverses politiques
Cette visite éclair mais choc du pape avait été accueillie de façon mitigée dans le pays. Une partie de la gauche, au pouvoir, était restée silencieuse. A droite, certains avaient souligné la différence entre la prédication religieuse et «la gestion par l’Etat d’un phénomène aussi difficile, complexe et insidieux» que l’immigration, notamment marqué par l’intervention de groupes criminels. Les plus acerbes avaient invité le pape à accueillir les immigrés au Vatican. D’autres avaient avancé que les propos du pontife pourraient encourager, sur le continent africain, les candidats à l’immigration.
Depuis, le pape François a lancé de multiples appels en faveur de l’accueil des migrants ou invité à la prière pour des victimes de naufrages en Méditerranée. A ce jour, en six mois, le nombre de migrants débarqués sur les côtes italiennes a déjà dépassé celui de toute l’année 2013.
Le 6 juillet, le cardinal Antonio Mario Veglio, président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, célèbrera une messe à Lampedusa à l’occasion du premier anniversaire de la visite du pape. Cette messe devrait faire mémoire des innombrables victimes de l’immigration. (apic/imedia/ami/rz)




