L'»héritier» des califes dénonce l'illégitimité du «califat» islamique
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Ankara/Bagdad, 25 juillet 2014 (Apic) Mehmet Gormez, chef du Directorat des affaires religieuses, la plus haute autorité religieuse en Turquie, et «héritier» des califes ottomans, a qualifié d’illégitime le «califat» proclamé sur une partie de l’Irak et de la Syrie par les djihadistes de l’Etat islamique (EI).
L’imam turc a également souligné que le traitement infligé aux chrétiens par les islamistes mettait la civilisation en danger, rapporte le 22 juillet 2014 l’agence Reuters.
L’Etat islamique, un groupe djihadiste sunnite qui se bat contre les pouvoirs en place en Syrie et en Irak, s’est emparé de vastes territoires le mois dernier, au nord et à l’ouest de l’Irak. Ils ont proclamé leur leader, Ibrahim al-Baghdadi, «calife», selon le titre historiquement porté par les sultans ottomans qui régnaient sur une grande partie du monde musulman.
«Depuis que le califat a été aboli [en 1924, ndlr], certains mouvements ont cru pouvoir réunir le monde musulman en rétablissant un califat. Mais cela ne signifie concrètement rien, ni d’un point de vue politique, ni d’un point de vue légal», a expliqué Mehmet Gormez. L’imam turc est dans une position particulièrement justifiée pour mettre en cause le titre de calife que s’est adjugé Ibrahim al-Baghdadi. Son poste à la tête du Directorat des affaires religieuses a en effet été créé en 1924 pour remplacer le mufti ayant autorité pour confirmer les nouveaux sultans ottomans.
Attaques contre la culture
Les djihadistes de l’EI se sont rendus coupables de nombreuses exactions contre les minorités dans les zones conquises. Ils ont notamment provoqué l’exode de pratiquement tous les chrétiens de Mossoul, dans le nord de l’Irak en leur intimant de se convertir, de payer une taxe, ou de partir, sous peine de mort.
Ils ont aussi commencé à attaquer les biens et les symboles culturels désignés comme «non islamiques». Les miliciens ont ainsi notamment détruit des tombeaux de philosophes et de poètes célèbres, incendiés des bibliothèques et des églises. La publication des caricatures est soumise à un droit de reproduction de 80.– /pièce. Elles sont disponibles auprès de la rédaction de l’Apic.(apic/reut/rz)




