Mémorandum au pape François contre «l’ingérence des évêques dans la politique»

Congo RDC: Sit-in de jeunes catholiques de la majorité présidentielle devant la nonciature

Kinshasa, 3 octobre 2014 (Apic) Une centaine de jeunes catholiques de Kinshasa, en République Démocratique du Congo (RDC), se réclamant de la majorité présidentielle, a tenu mercredi 1er octobre 2014, un sit-in devant la nonciature apostolique. Ces partisans de la réélection de Joseph Kabila à la présidence de la RDC, protestent contre la prise de position des évêques du pays, opposés à toute modification de la Constitution.

Le mois dernier, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a réitéré son opposition à toute révision de la Constitution du pays, qui permettrait au président Joseph Kabila de se représenter à l’élection présidentielle de 2016. La Constitution actuellement en vigueur, ne lui donne pas le droit de briguer un nouveau mandat, après deux périodes consécutives de 5 ans.

Collectif des Jeunes catholiques de la Majorité Présidentielle

Selon la presse congolaise, les manifestants pro-Kabila, apparaissant sous le nom de «Collectif des Jeunes catholiques de la Majorité Présidentielle», voulaient remettre au représentant du Saint-Siège à Kinshasa une pétition dans laquelle ils critiquent l’attitude de la CENCO et son implication dans le débat politique. Dans une déclaration, signée le 16 septembre, les évêques congolais s’étaient élevés contre des velléités de révision de l’article 220 de la Constitution congolaise, en vue de permettre au président Joseph Kabila de se représenter.

Les jeunes catholiques ont trouvé portes closes à la nonciature. Ils ont glissé leur pétition dans la boîte aux lettres de l’édifice. Dans le mémorandum adressé au pape François, et lu devant le portail fermé de l’ambassade du Vatican, Jean-Pierre Lihau, leur coordinateur, a fustigé «la violation, par les membres de la CENCO, du sacro-saint principe de la laïcité, tel que formulé à l’article 1er de la Constitution congolaise». Ils ont invité à cet effet, les évêques «à observer le principe corollaire de la séparation entre l’Etat et l’Eglise, comme résumé dans les saintes écritures: à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu».

Violation du «sacro-saint principe de la laïcité»

Tout en déplorant «la politisation permanente et à outrance» des lieux du culte, il s’est déclaré «préoccupé par les effets prévisibles de cette action du clergé, consistant à mobiliser les fidèles contre la révision de l’article 220 de la Constitution». Il en a appelé «à la sagesse du successeur de Saint Pierre, le pape François, pour que la sainte Eglise catholique du Congo soit ramenée au milieu du village».

Le collectif des jeunes cadres catholiques espère que le pape intervienne et ordonne aux évêques congolais de se tenir à l’écart «des mêlées partisanes et politiciennes». Dans le cas contraire, estiment les fidèles de Kabila, «les conducteurs spirituels auraient failli à leur vocation ecclésiastique». (apic/ibc/be)

3 octobre 2014 | 13:27
par webmaster@kath.ch
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