Genève: Destruction du patrimoine syrien, l'UNITAR lance un cri d'alarme

Monuments et sites répertoriés par le Patrimoine mondial de l’UNESCO en danger

Genève, 23 décembre 2014 (Apic) Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, 290 sites de l’important patrimoine culturel syrien ont été détruits, endommagés ou pillés, selon un rapport alarmant publié le 23 décembre 2014 par l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR) basé à Genève.

Basé sur des images satellite rassemblées par le programme opérationnel pour les applications satellitaires (UNOSAT) de l’UNITAR, ce rapport mentionne les dégâts causés par les combats de rue, les bombardements aériens ou d’artillerie, les attentats à la bombe, les véhicules piégés et les pillages.

Destruction à grande échelle du patrimoine culturel du pays

Des monuments comme le Krak des Chevaliers, les souks, la citadelle ou la mosquée des Omeyyades à Alep, une ville où le peuplement remonte à 7’000 ans, la vieille ville de Damas, la grande colonnade d’Apamée, Raqqa ou Palmyre ont été plus ou moins gravement endommagés. Certains d’entre eux sont répertoriés par le Patrimoine mondial de l’UNESCO, comme les anciennes villes d’Alep, de Bosra, de Damas, le Krak des Chevaliers et Qal’at Salah El-Din, le site de Palmyre, ou les villages antiques du nord de la Syrie.

L’étude du programme UNOSAT montre une destruction à grande échelle du patrimoine culturel dans le pays, y compris les biens recensés par le Patrimoine mondial de l’UNESCO. Réalisée par des experts du patrimoine culturel de la Syrie et avec l’aide d’images satellite, elle liste un total de 290 sites directement touchés par le conflit en cours. 24 sont complètement détruits, 104 sont gravement endommagés, 85 moyennement endommagés et 77 probablement endommagés.

Attirer l’attention des décideurs et du public sur la grave détérioration du patrimoine

L’UNOSAT a basé son analyse sur une combinaison d’images satellite à très haute résolution disponibles dans le commerce, de rapports de l’UNESCO, de données fournies par des archéologues experts de la Syrie, ainsi que des informations publiées par les médias traditionnels et les médias sociaux.

L’UNITAR veut, avec son rapport, attirer l’attention des décideurs et du public sur la grave détérioration de la plupart des zones du riche patrimoine culturel de la Syrie. L’ampleur des destructions et des dommages observés appelle à des efforts accrus de protection et de soutien aux travaux en cours de l’UNESCO, explique Einar Bjorgo, directeur de l’UNOSAT.

Appel à un effort national et international accru pour sauver cet important héritage culturel

Si peu d’experts indépendants ont accès à ces régions en raison de la poursuite des combats, l’imagerie satellitaire est souvent l’une des seules sources disponibles pour une information objective dans les zones de conflit. «La technologie des satellites et les images telles que celles analysées par UNOSAT dans le présent rapport sont indispensables pour évaluer l’état du patrimoine culturel en Syrie et en Irak», souligne pour sa part Alfredo Perez de Arminán, sous-directeur général pour la culture à l’UNESCO, dans la préface du rapport.

Par le biais de l’UNITAR, l’ONU appelle à un effort national et international accru pour protéger ces sites et ces monuments, dans le but de sauver le plus possible cet important héritage de l’humanité. Pour en savoir plus: www.unitar.org (apic/unitar/be)

23 décembre 2014 | 18:09
par webmaster@kath.ch
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