Rome: Une délégation d'imams français en visite au Vatican
Dans le but d’encourager le dialogue islamo-chrétien
Rome, 5 janvier 2015 (Apic) Une délégation de responsables musulmans français est en visite à Rome du 6 au 8 janvier, dans le but d’encourager le dialogue islamo-chrétien. Les responsables religieux seront accompagnés par les deux principaux responsables de ce dossier au sein de la Conférence des évêques de France : Mgr Michel Dubost, évêque d’Evry-Corbeil-Essonnes et président du Conseil pour les relations interreligieuses, et le Père Christophe Roucou, directeur du Service national pour les relations avec l’islam.
La délégation inclut quatre personnalités musulmanes connues pour leur désir d’une relation de confiance avec les catholiques: Tareq Oubrou, recteur de la Grande mosquée de Bordeaux, Mohammed Moussaoui, président de l’UMF (Union des Mosquées de France) et ancien président du CFCM (Conseil français du culte musulman), Djelloul Seddiki, directeur de l’institut Al-Ghazali de la Grande mosquée de Paris, et Azzedine Gaci, recteur de la mosquée Othman à Villeurbanne, et ancien responsable du CRCM (Conseil régional du culte musulman) de Rhône-Alpes.
«Opposer la force de l’esprit à la force des armes»
Le 1er octobre, Azzedine Gaci avait été à l’initiative de l’Appel des 110 avec le Père Vincent Feroldi, délégué épiscopal pour les relations avec l’islam dans le diocèse de Lyon. Cet appel de 110 personnalités religieuses contre l’extrémisme avait donné lieu à une manifestation place Bellecour, au centre de Lyon, qui faisait suite à de nombreux signes de fraternité des musulmans de France à l’égard des minorités persécutées en Irak et en Syrie, rapporte le 5 janvier Radio Vatican.
Les chrétiens d’Orient victimes de l’intolérance et de la barbarie
Début septembre, notamment, les principales organisations musulmanes de France avaient demandé qu’une prière soit lue dans toutes les mosquées de France le vendredi 12 septembre, «à la mémoire de nos frères chrétiens d’Orient victimes de l’intolérance et de la barbarie». Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, qui est aussi président du CFCM, avait alors déclaré vouloir «opposer la force de l’esprit à la force des armes».
Ces prises de position donnaient une réponse positive à l’interpellation vigoureuse, à la fin de l’été, du cardinal Jean-Louis Tauran. Le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux s’était étonné du manque de réactivité des autorités musulmanes face aux exactions commises en Irak et en Syrie par l’État islamique. Le cardinal Tauran rencontrera justement cette délégation islamo-chrétienne le jeudi 8 janvier à midi.
La délégation sera également reçue par l’ambassade de France auprès du Saint-Siège, et visitera le centre historique de Rome avec le recteur de Saint-Louis-des-Français, Mgr François Bousquet, ainsi que les fouilles archéologiques sous la basilique Saint-Pierre. Mercredi, ils visiteront le PISAI, l’Institut pontifical pour les études islamiques et l’islamologie, après avoir participé à l’audience générale avec le pape François place Saint-Pierre.
La soirée de mercredi sera consacré à un temps d’échanges avec leurs hôtes durant ces trois journées, les jeunes et les professeurs du Séminaire français de Rome. L’occasion de sensibiliser les générations de futurs prêtres à un esprit de fraternité essentiel pour la paix sociale en France, note encore la «radio du pape».
Encadré
Du 28 au 30 novembre 2014, une cinquantaine de responsables religieux musulmans, protestants et catholiques de toute la France se sont rencontrés à Lyon pour analyser les profonds bouleversements que traverse la société française. Le but est de construire une culture de paix au quotidien dans les quartiers, les églises et les mosquées. Ces personnalités se sont retrouvées pour le 4° Forum islamo-chrétien, à la suite de «l’Appel des 110» de Lyon, le 1° octobre. Intitulé «Nous nous engageons», cet appel a été signé par les principaux responsables des cultes en France, et par plus de 1400 personnes et groupes.
«Au cours de ce forum, nous avons constaté, les uns et les autres, que la société française est marquée par des peurs, une certaine violence et une radicalisation vers des attitudes extrémistes qui, excluent l’autre différent par la religion, la culture, la couleur de peau ou l’origine sociale, qu’il soit juif, musulman, rom, noir ou chrétien», écrit le Père Christophe Roucou directeur du Service national pour les relations avec l’Islam (SRI). «Cette violence semble, parfois, fasciner des jeunes et certains sont tentés par un départ pour les combats en Syrie. Comment désamorcer les peurs ? Comment lutter contre ces radicalisations et ces attitudes d’exclusion ? Nous sommes conscients, les uns et les autres, de notre responsabilité comme responsables religieux, éducateurs, enseignants : quel idéal notre société propose-t-elle à des jeunes épris de justice ?», écrit-il »
Le SRI est chargé par la Conférence des évêques de France de promouvoir la rencontre et le dialogue entre catholiques et musulmans, de former les catholiques à la connaissance de l’islam et au dialogue interreligieux et de développer des liens avec les responsables musulmans en France. Il est placé sous la responsabilité du Conseil pour les relations interreligieuses, présidé par Mgr Michel Dubost, évêque d’Evry-Corbeil-Essonnes. (apic/radvat/sri/be)




