Pour le Père Antonio Spadaro, le synode ouvre l’accès des sacrements aux divorcés-remariés

Rome, 08.11.2015 (cath.ch-apic) «Le synode a posé les bases de l’accès aux sacrements des divorcés-remariés». C’est ce que constate, le 8 novembre 2015, le jésuite italien Antonio Spadaro, directeur de la revue Civiltà Cattolica, après le synode sur la famille qui s’est tenu au mois d’octobre.

A l’issue du Synode des évêques sur la famille d’octobre 2015 et d’un rapport final consensuel, participants et commentateurs étaient partagés sur la lecture de la réponse apportée par l’assemblée à la question de l’accès aux sacrements pour les personnes divorcées et remariées. Le jésuite italien Antonio Spadaro, estime que le synode a posé les bases de l’accès aux sacrements des divorcés-remariés, «ouvrant une porte» restée fermée lors de la précédente assemblée».

Le synode, «un corps vivant, capable de réfléchir»

Dans un numéro à paraître de la revue jésuite La Civiltà Cattolica, datée du 28 novembre, Antonio Spadaro revient longuement sur l’assemblée à laquelle il a participé en tant que père synodal. «Ce synode a été un corps vivant capable de réfléchir de façon réelle, qui aborde des problèmes, des langages et des manières de faire face à des réalités très diverses», affirme celui que certains présentent comme un confident du pape François.

«Le rapport final du synode, n’est pas le résultat d’un compromis mais celui que les pères synodaux ont réussi à écrire ensemble, en traversant des différences en tout genre»,affirme l’article traditionnellement relu en Secrétairerie d’Etat. «Cette dynamique réelle d’affrontement n’est en rien de la confusion, mais de la liberté», écrit encore le Père Antonio Spadaro, alors que nombre d’observateurs ont relevé le caractère volontairement ambigu du texte final, en particulier sur la question délicate des divorcés-remariés, en n’évoquant à aucun moment explicitement leur accès aux sacrements de la réconciliation et de l’eucharistie.

 Une porte ouverte

Au fil de l’article, le père Spadaro relève également que «des positions théologiques ont été faussement interprétées dans certaines situations comme des points de doctrine». «La doctrine est l’enseignement du Christ, c’est l’Evangile lui-même», assure-t-il, alors que la doctrine n’a rien à voir avec – comme le disait le pape François en conclusion des travaux du synode – «les cœurs fermés qui, souvent, se cachent jusque derrière les enseignements de l’Eglise pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées».

Pour le père Antonio Spadaro, enfin, la clef de lecture de ce travail synodal a été donnée par le pape lui-même en introduisant les travaux, le 5 octobre dernier: «C’est l’Eglise qui s’interroge sur sa fidélité au dépôt de la foi qui ne représente pas, pour elle, un musée à regarder et encore moins à sauvegarder, mais qui est une source vivante à laquelle l’Eglise se désaltère pour désaltérer et éclairer le dépôt de la vie». (apic/imedia/ami/bh)

Synode des évêques
8 novembre 2015 | 18:47
par Bernard Hallet
Temps de lecture : env. 2  min.
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