des 200 prisonniers tués dans la prison de Sao Paulo
Brésil: Le cardinal Arns célèbre une messe à la mémoire (081092)
«Une action criminelle de la police»
Sao Paulo, 8octobre(APIC) Mgr Paulo Evaristo Arns, cardinal archevêque de
Sao Paulo, célèbre ce vendredi une messe à la mémoire des quelque 200 prisonniers massacrés par la police militaire lors de la mutinerie qui a éclaté la semaine dernière dans la prison de Sao Paulo. Le cardinal Arns n’hésite pas à qualifier l’action de la police de «criminelle». Il a souligné
que durant l’administration de l’actuel secrétaire pour la sécurité, le Dr.
Pedro Franco de Campos, «se sont produites les choses les plus horribles
que j’ai connues depuis 26 ans que je suis évêque» à Sao Paulo.
L’Eglise, par le biais de la Commission Justice et Paix et la Pastorale
des prisons de l’archevêché, demande une enquête rigoureuse sur ces événements sanglants. Le cardinal a relevé que «tout indique qu’il y a eu des
exécutions massives dans certaines cellules» et que «l’action de la police
devrait éviter les morts et non en causer».
Le nombre de morts dans la prison de Sao Paulo reste jusqu’à présent un
mystère, peut-être du fait du PMDB, le Parti du mouvement démocratique brésilien auquel appartient le gouverneur de l’Etat de Sao Paulo, Luiz Antonio
Fleury. En pleine campagne électorale pour les municipales qui se déroulaient le samedi 3 octobre, lendemain du drame, le gouverneur n’a donné
qu’un chiffre de huit morts. C’est seulement 72 heures après l’intervention
de la police que le gouvernement a avoué qu’il y avait au moins 111 morts.
Le Père Guilhermo Sheeham, de la pastorale des prisons, a communiqué que
les détenus et le personnel pénitentiaire estiment que les morts pourraient
dépasser les 200, étant donné que 28 détenus sont gravement blessés et 71
sont portés disparus.
Divers organisations des droits de l’homme mettent en doute la version
officielle selon laquelle il y aurait eu des affrontements armés entre prisonniers et policiers, étant donné que les policiers n’ont eu aucun mort.
Selon le gouverneur de l’Etat de Sao Paulo, le massacre à l’intérieur du
Pavillon No 9 de la Maison de Détention a été causé par une bagarre entre
bandes rivales. Pour lui, «la police devait agir avec vigueur». Selon les
sources, ce sont entre 350 et 500 policiers qui ont été envoyés pour
«mettre de l’ordre» dans la prison. Ils auraient utilisé plus de 5’000
balles dans l’opération.
Une «attitude corrompue et criminelle de l’Etat»
Pour Dom Angélico Sandalo Bernardino, évêque auxiliaire de Sao Paulo, ce
massacre démontre une «attitude corrompue et criminelle de l’Etat qui
devrait être rendu responsable pour cet homicide collectif». Il estime que
les morts de la prison de Sao Paulo montrent à quel point le système pénitentiaire brésilien est «pourri et archaïque». La maison de détention de
Sao Paulo a été construite en 1961 pour recevoir environ 3’000 détenus,
mais elle est depuis longtemps suroccupée. Le jour de l’intervention policière, le pénitentier abritait 7’200 prisonniers, dont 2’000 dans le
Pavillon 9. (apic/em/be)