Point de vue du Père jésuite Thomas Michel

Rome: promouvoir le dialogue entre chrétiens et musulmans (090194)

Rome, 9janvier(APIC) Le Père jésuite Thomas Michel, membre du Conseil

pontifical pour le dialogue religieux, estime que les chrétiens ne profitent pas assez des occasions ordinaires pour approfondir le dialogue avec

les musulmans. Il développe ce thème dans le dernier numéro du bulletin

d’information religieux CIR, proche de la Conférence épiscopale italienne.

Faisant d’abord allusion au récent accord signé entre le Saint-Siège et

Israël, le Père Michel pense que les musulmans s’attendent à «une attitude

juste et équilibrée de la part de l’Eglise catholique envers les deux parties». «Dans les mois à venir, il faudra montrer à tous, juifs, musulmans,

et spécialement aux Palestiniens musulmans, que l’Eglise a, comme auparavant, une attitude ouverte et juste envers tous», insiste-t-il. Il faudra

aussi régler avec Israël «la situation des Palestiniens des territoires occupés, ainsi que la protection des chrétiens qui y vivent».

Concernant la collaboration avec l’islam, le Père Michel, faisant état

de plusieurs rencontres récentes, aborde le droit des enfants à une éducation religieuse, le nationalisme et le rôle de la femme dans la société.

Dans deux semaines, un séminaire en Jordanie réunira des chrétiens, des

juifs et des musulmans. Ils échangeront les points de vue des croyants sur

le nationalisme. D’autres colloques permettront de confronter les approches

différentes envers le monde moderne sous l’angle historique, sociologique

ou théologique. Le Père Thomas a participé à plusieurs rencontres de ce

genre, entre autres celle qui fut organisée en Libye, en octobre dernier,

pour étudier les rapports entre les médias et la religion.

Se mettre autour de la table pour se connaître

Il n’y a pas que les rencontres officielles et les colloques internationaux pour favoriser le dialogue, insiste le Père jésuite. Dans chaque pays

d’Europe, estime-t-il, les occasions ne manquent pas de se mettre autour de

la table pour mieux se connaître et se comprendre. «Que les chrétiens, interpellés par la présence de nouveaux immigrés, se mettent à l’écoute de

l’expérience d’autres pays, là où l’immigration est plus ancienne».

Quelquefois, déplore le Père Thomas, on commet l’erreur, avant de se

parler, d’attendre qu’un conflit ou qu’une manifestation de racisme n’éclate et ne provoque un drame. Mais le jour où ce drame survient, la pression

des circonstances est telle qu’elle complique ou retarde le dialogue. Que

les uns et les autres saisissent donc l’occasion pour s’engager dans un

partage qui ne soit pas durci sous la pression de l’urgence, recommande le

religieux jésuite. Et d’évoquer les enjeux et les buts d’un tel dialogue :

régler les questions des mariages mixtes, de l’éducation religieuse à

l’école, des lieux de culte, et d’une manière plus globale, promouvoir «une

hospitalité qui ne se réduise pas à un accueil formel». (apic/cip/ba)

9 janvier 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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