Rome veille à un renouveau évangélique authentique
Faut-il encore des religieux? (210294)
Rome, 21février(APIC) La Congrégation romaine pour les religieux a publié
le 19 février un document pourtant daté du 2 février sur «La vie fraternelle en communauté». Son origine lointaine remonte à novembre 1992, lors
d’une séance plénière de la congrégation consacrée à la vie religieuse
après Vatican II. Son but: «offrir des critères de discernement en vue d’un
renouveau évangélique authentique».
Le document de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et
les sociétés de vie apostolique» est divisé en trois parties. Il présente
d’abord le don de la communion et de la communauté. Il se penche ensuite
sur la communauté religieuse en tant que lieu de vie fraternelle. Il traite
enfin de la communauté en tant que lieu et sujet de la mission.
Pourquoi une telle mise au point maintenant? Parce qu’en de nombreux
pays la vie fraternelle en commun a beaucoup changé par rapport au passé»,
constate l’introduction. A commencer par les instituts religieux eux-mêmes,
où s’opère, au milieu d’autres changements dans l’Eglise et dans le monde,
un ressourcement, un retour à l’inspiration originelle.
Par son insistance sur l’Eglise comme «mystère de communion», Vatican II
a suscité un renouveau ecclésiologique et donc un renouveau du contexte
dans lequel s’insère la communauté religieuse qui «rend visible de façon
publique et continuelle le don de fraternité du Christ à l’Eglise».
Le document reconnaît aussi la variété des charismes par lesquels
l’Esprit Saint enrichit l’Eglise. En effet, «les membres d’une communauté
religieuse sont unis par un appel commun de Dieu dans la lignée du charisme
de fondation», qui a toujours une dimension apostolique.
Le renouveau de la vie religieuse a aussi un volet canonique, là où le
code de 1983 insiste davantage «sur la dimension spirituelle et sur le lien
de fraternité qui doit unir tous ses membres dans la charité». Le code met
aussi en relief deux aspects, ceux de la communion et de la vie commune.
Repenser la vie religieuse
Des changements sociaux également exigent de repenser la vie religieuse.
Parmi ceux-ci, il y a l’attention portée spécialement à la pauvreté et au
développement, les revendications de la liberté personnelle et des droits
de l’homme, la promotion de la femme, l’explosion des communications, la
société de consommation et l’hédonisme. «Tout cela, ajoute le document, est
un défi et un appel à vivre avec davantage de force les conseils évangéliques, aussi comme soutien au témoignage de la communauté chrétienne.»
Enfin, dans de nombreux pays, «l’initiative croissante de l’Etat dans
les secteurs traditionnels de la présence religieuse: assistance, école et
santé», provoque une diminution de la présence des religieux. On assiste
inversement à un besoin accru d’autres présences: avec les pauvres, les
drogués, les réfugiés, les marginalisés, les handicapés, les malades…
La professionnalisation du travail implique un changement dans l’optique
où celui-ci est vécu: «Les nouvelles structures de gouvernement des congrégations demandent davantage de participation», donc davantage «de participation et de sens de la subsidiarité» dans une situation nouvelle «qui n’a
pas encore trouvé un équilibre précis». Raison pour laquelle la Congrégation romaine a voulu offrir ces «critères de discernement en vue d’un renouveau évangélique authentique» (apic/sv/pr)




