Grèce: les droits des minorités religieuses restent bafoués (090294)
Rapport accablant de l’organisation «Droits de l’homme sans frontières»
Bruxelles, 9février(APIC) La Grèce bafoue les droits de ses minorités religieuses: c’est ce que dénonce l’association «Droits de l’Homme sans Frontières» à Bruxelles dans un rapport accablant sur la législation religieuse
datant de la dictature de Metaxas.
«Droits de l’Homme sans Frontières» invite la Grèce à moderniser la législation appliquée à ses minorités religieuses pour l’adapter aux normes
européennes. Ceci implique, selon l’organisation, l’abolition de toutes les
discriminations fondées sur la religion ou la croyance qui sont enracinées
dans la Constitution et dans une série de lois datant notamment de la dictature de Metaxas, dans les années 30.
Dans un numéro spécial de 40 pages de son magazine, intitulé «Greece:
religious intolerance and discrimination. Religious legislatio applied to
religious minorities», l’organisation dénonce le caractère institutionnalisé des violations du droit pour les minorités religieuses (catholiques,
évangéliques, pentecôtistes, témoins de Jéhovah…) de vivre pleinement et
librement leur foi, et réclame l’abolition des lois de Metaxas et des dispositions discriminatoires inscrites dans la Constitution.
L’enquête de «Droits de l’Homme sans Frontières» est surtout basée sur
des informations recueillies lors de plusieurs missions d’investigations
menées au cours de ces deux dernières années, des interviews de prêtres et
d’évêques orthodoxes, de dirigeants de minorités religieuses, d’autorités
civiles…
Les entraves de l’Etat
Le rapport est subdivisé en trois grandes sections traitant du prosélytisme, des lieux de culte et des discriminations fondées sur la religion ou
la croyance. Il confirme et complète, preuves à l’appui, les accusations
formulées par «Droits de l’Homme sans Frontières» contre la Grèce en 1993.
Il présente également des cas de violation de la liberté religieuse pour
lesquels des citoyens grecs ont engagé une procédure contre leur pays devant la Commission Européenne des Droits de l’Homme à Strasbourg.
Le rapport dénonce les lois de Metaxas interdisant aux croyants non orthodoxes d’exprimer, pleinement et publiquement, leur foi et leurs croyances religieuses, d’essayer de les partager par des contacts individuels,
des conversations personnelles…; à toute communauté religieuse non orthodoxe de créer, de bâtir, de reconstruire ou de réparer des églises, des
lieux de culte ou de maisons de prières sans l’autorisation de l’Eglise orthodoxe; aux membres du clergé étranger d’entrer dans le pays et d’y séjourner sans autorisation pour y exercer une activité, quelle que soit leur
religion; aux citoyens grecs non orthodoxes d’enseigner dans des écoles publiques et privées, et d’accéder à des emplois dans la fonction publique
des institutions de l’Etat…
Pour l’abolition des discriminations religieuses
«Droits de l’Homme sans Frontières» recommande au nouveau gouvernement
grec d’abolir les lois de Metaxas, «qui sont inconstitutionnelles et antidémocratiques. Il l’invite à revoir les articles 4.6 et 13.2 de la Constitution, dont le premier rend impossible l’introduction d’un service civil
et le second permet de réprimer toute forme de prosélytisme à l’encontre de
l’Eglise orthodoxe.
L’organisation réclame également l’abolition de toutes les
discriminations religieuses inscrites dans les lois et les décrets
nationaux, de la mention obligatoire de la religion sur la carte
d’identité; de toute forme de fichage, par les services secrets, des
citoyens grecs d’après leur religion; de toute surveillance policière des
croyants, congrégations et organisations non orthodoxes.
«Droits de l’Homme sans Frontières» rappelle enfin à la Grèce les articles de la Déclaration universelle, du Pacte international relatif aux
droits civils et politiques, de la Convention européenne des droits de
l’homme, de l’Acte Final d’Helsinki et d’autres instruments internationaux
qu’elle a signée et qu’elle est tenue de respecter. (apic/cip/pr)




