Jean Paul II ne cache pas sa lassitude: tant de vains appels à la paix

Bosnie: le pape ne veut pas entendre parler de fatalité (070294)

Rome, 7février(APIC) La haine ethnique a bon dos. La guerre est aussi le

résultat de décisions politiques: c’est en substance le message adressé

lundi par Jean-Paul II aux participants d’un séminaire organisé par le Conseil de défense de l’OTAN.

Jean-Paul II n’a pas caché sa lassitude de constater que tant d’appels

en faveur de la paix restent vains. «On nous dit que les horreurs, qui défient toute description, commises quotidiennement sur des personnes innocentes, notamment dans l’ex-Yougoslavie, sont le résultat inévitable d’une

hostilité et d’une haine ethniques qui durent depuis longtemps», a déclaré

le pape. Pour Jean Paul II, la guerre n’est pas inévitable. Elle est le résultat d’une série de politiques et décisions concrètes: quelqu’un, quelque

part, prend des décisions qui ont des suites terribles de morts, de blessés, de destructions et de douleurs.

«Les appels constants du Saint-Siège, d’autres chefs religieux et d’hommes et de femmes de bonne volonté s’adressent aux consciences de ceux qui

peuvent faire quelque chose pour changer le cours des événements», a relevé

le pape, en regrettant que jusqu’ici leurs appels n’ont pas été entendus.

Jean-Paul II a évoqué la situation en Bosnie à plusieurs reprises déjà

depuis le début de cette année, par exemple vendredi dernier, lors de la

visite au Vatican du ministre croate des Affaires Etrangères, et une fois

encore samedi, lors de la récitation du Rosaire.

A cette occasion, le pape a dénoncé «les mains criminelles qui continuent systématiquement de détruire et de massacrer». «Personne ni aucune cause, a-t-il déclaré, ne peuvent justifier des actions à ce point exécrables.

Je supplie les auteurs de gestes si peu dignes de l’homme d’y mettre fin.

Ils devront en répondre devant Dieu. J’adjure les responsables politiques

au niveau national et international: tentez tout, même au prix des plus

grands sacrifices, pour qu’on parvienne immédiatement à un cessez-le-feu

véritable.» Un appel particulièrement fort, auquel se joint notamment la

Conférence des évêques suisses à travers une déclaration publiée sous forme

de document repris dans le présent bulletin. (apic/sv/pr)

7 février 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
Partagez!