Rome: Eglise catholique et développement rural (030294)

«Plus on possède plus on doit donner», insiste le Saint-Siège

Rome, 3février(APIC) Le Saint-Siège souhaite que la communauté internationale reconnaisse les principes fondamentaux de la justice. Il l’affirme

par un slogan: «Plus on possède, plus on doit donner», vient-il de rappeler

au Fonds International pour le Développement agricole (IFAD).

Ce Fonds, qui lors de sa création (1977) a bénéficié de l’appui du

Saint-Siège, est une agence des Nations-Unies qui s’occupe de la promotion

des populations rurales dans le monde.

Dans le cadre du 17e conseil des gouverneurs de l’IFAP, qui vient de se

tenir à Rome, Mgr Alois Wagner, observateur permanent du Saint-Siège, a

rappelé que même si la faim et la sous-alimentation sont le résultat de la

pauvreté absolue, il faut mettre aussi en cause le comportement humain.

C’est vrai surtout, a précisé Mgr Wagner, lorsque des projets économiques

«empêchent les pauvres de participer aux activités économiques, au processus de développement et au bénéfice de la coopération internationale».

Quand bénéfice ne rime pas avec qualité de la vie

Le représentant du Saint-Siège a ajouté que «la croissance du revenu des

zones rurales grâce à la production à grande échelle» ne correspond pas

pour autant «aux besoins réels des populations rurales», comme il ressort

des discussions de Rio de Janeiro (1992). Ce qui importe, en dernière analyse, c’est d’»améliorer la situation de tous ceux qui participent au travail de production».

Pour que les pauvres soient de véritables acteurs, comme le prône une

étude récente de l’IFAD sur «La situation de la pauvreté rurale dans le

monde», il faut aussi, a expliqué le prélat, que les politiques de développement soient modifiées au niveau interne et international. En particulier,

les rapports coûts-bénéfices doivent être adaptés aux différentes situations et ne pas devenir les seuls critères pour évaluer les engagements

dans la coopération car le but est toujours d’améliorer la qualité de vie

de chaque personne et communauté.

Développement = progrès social

Pour le Saint-Siège, le développement ne peut être dissocié du progrès

social. En clair, cela veut dire qu’il doit aller de pair avec la promotion

de l’alphabétisation, des soins médicaux, de l’éducation technique et professionnelle, de la participation à la gestion économique et politique de

sa propre communauté. Il s’agit aussi de doter les zones rurales d’infrastructures et de services sociaux.

Dans le cadre de la quatrième Décennie du Développement promue par les

Nations-Unies, Mgr Wagner demande que l’on prenne garde aussi à la dégradation de l’environnement, un souci qui doit être partagé «également par les

pays les plus pauvres, souvent mus par leurs problèmes immédiats de survie».

Mgr Alois Wagner a conclu par un appel à la solidarité et à l’action concrète, particulièrement importante en cette période d’instabilité internationale aiguë et de conflits intra-nationaux. C’est seulement la solidarité, a-t-il dit, qui permettra de diminuer le fossé entre pauvres et riches,

entre pays développés et en voie de développement. Il faut, a-t-il dit encore ajouté, que la communauté internationale reconnaisse toujours plus le

principe fondamental de la justice : «plus on a, plus on doit donner.»

(apic/sv/ba)

3 février 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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