Brésil: la commission oecuménique de l’archevêché (250394)

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de Sao Paulo fait le point sur les sectes

Une progression indiscutable au Brésil

Sao Paulo, 25mars(APIC) «Dans le contexte du pluralisme religieux et de

croissante urbanisation, les catholiques et les fidèles des Eglises protestantes historiques sont toujours plus confrontés aux diverses formes religieuses modernes qui essayent de donner une réponse à ceux qui cherchent un

sens à leur vie». Telle est une des conclusions des cours organisés récemment par par la Commission d’oecuménisme et du dialogue religieux de l’archidiosèse de Sao Paulo (CEDRA) et par le mouvement de fraternité des Eglises chrétiennes (MOFIC).

Pour le pasteur luthérien Ingo Wulfhorst, les nouveaux mouvements religieux, qu’on les appelle «sectes» ou «nouvelles Eglises», se présentent au

public comme un mouvement de restauration religieuse dans une authentique

tradition. Ces mouvements ont un caractère syncrétiste et décrivent presque

toujours le début de leur existence à partir de fondateurs affirmant avoir

reçu une révélation divine.

«Mouvements de chemins croisés». C’est ainsi que Leila Amaral, professeur à l’Université catholique de Sao Paulo, définit les mouvements liés à

ce qu’on appelle «New-Age». Pour elle, il s’agit d’un mouvement fils de la

modernité qui propose des combinaisons religieuses pour favoriser la perfection et le bien-être intérieurs. Placés devant des défis à caratère catastrophique, ces mouvements proposent à leurs adeptes une responsabilité

personnelle dans la transformation radicale du monde. Ils finissent par offrir des espaces d’espérance immédiate en utilisant des symboles et des

sentiments qui répondent toutefois aux aspirations de l’homme moderne.

C’est pourquoi ces «sectes» ou ces nouveaux mouvements religieux ont une

audience croissante dans tout le Brésil.

«Eglise de la Renaissance dans le Christ»

De son côté, le Père José Bisol, de l’archidiocèse de Sao Paulo a étudié

plus particulièrement un mouvement religieux qui s’intitule «Eglise de la

Renaissance dans le Christ». Cette nouvelle formation religieuse se répand

particulièrement dans la ville de Sao Paulo, mais aussi au Brésil et dans

d’autres pays. Fondée en 1986 par les Brésiliens Estevao et Sonia Emandes

Filho, la nouvelle «Eglise» est, selon le Père Bisol, assez proche d’une

version libérale du protestant traditionnel de la classe moyenne. Ce mouvement offre une diffusion moderne de sa spiritualité, en s’appuyant à Sao

Paulo du moins, sur des programmes religieux à «Radio Gospel» et la TV

«Manchete». Cette «Eglise» présente une image très attractive, avec un culte, certains disent «un show» où le rock a une grande importance. La prédication et la prière ont un caratère «évangélique, pentecôtiste et syncrétiste».

Avec seulement 8 ans d’existence, ce mouvement religieux possède six

temples dans la ville de Sao Paulo, huit dans l’Etat de Sao Paulo, d’autres

dans six Etats brésiliens, quatre en Espagne et un en France. Lors des ses

méga-célébrations annuelles, avec un mélange de rock et de prières, l’Eglise réunit plus de 100’000 personnes dans des stades de football. 25 autres

Eglises particulières se sont déjà affiliées à «l’Eglise de la Renaissance

dans le Christ». (apic/em/ba)

25 mars 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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