Saint-Maurice: lettre pastorale de Carême de Mgr Salina (240394)
«Nous voudrions voir Jésus»
Saint-Maurice, 23mars(APIC) Voir Dieu: tel est «l’aspiration primordiale
du coeur de l’être humain», le «désir profond du bonheur» qui l’habite, affirme Mgr Henri Salina, évêque-abbé de Saint-Maurice, dans sa lettre pastorale pour le Carême 1994. Intitulée «Nous voudrions voir Jésus», elle dit
la route de ce bonheur. Une marche à la suite de Jésus «sur le chemin que
trace son Evangile», par la médiation de l’Eglise. Voie officielle, dit Mgr
Salina, mais le chrétien est guidé par la Loi de Dieu inscrite en lui, et
cette loi c’est Quelqu’un».
«Voir Dieu! Rien que ça!», s’exclame Mgr Salina, s’appuyant sur les textes de la liturgie du 5e dimanche du Carême. «Creusez dans votre coeur,
frères et soeurs, et vous y découvrirez tous, sans exception, du plus jeune
au plus âgé, le désir profond du bonheur», qui correspond au désir de voir
Dieu. En lisant les Ecritures, l’homme découvre que ce désir est «le moteur
profond» de sa vie.
Si dans l’Ancien Testament, voir Dieu entraînait la mort, «tout a changé
en Jésus-Christ»: le visage qu’il a pris lors de sa vie terrestre reflétait
la beauté de Dieu. «Dieu a répondu à nos aspirations en Jésus de Nazareth,
son Fils unique, né de la Vierge Marie: Jésus, vrai Dieu et vrai homme».
Pour voir Jésus, le suivre dans l’obéissance
Nous aussi, comme les apôtres, poursuit l’évêque, nous voulons voir
Dieu: comment faire? Pour voir Jésus, il faut le suivre en s’efforçant de
mener une vie chrétienne authentique. Mais, et Mgr Salina le souligne, «il
n’y a aucune possibilité de vie chrétienne authentique sans un immense effort d’obéissance». Il sait aussi que «plus que jamais peut-être en notre
temps, ce mot nous fait peur et nous hérisse! Normal!». «Obéir à Dieu! Quel
défi en nos vies»: pour l’accepter, nous devons faire un acte de foi et
nous engager sur le chemin fort du commandement nouveau de Jésus – «Aimezvous les uns les autres… comme je vous ai aimés» – et de son exemple.
Mais, «dans le long cheminement du réapprentissage de l’amitié de l’homme avec son Dieu, c’est toujours Dieu qui fait le premier pas, rappelle Mgr
Salina. Ces pas se concrétisent dans les Alliances que Dieu fait avec
l’humanité»: avec Adam et Eve, Noé, Abraham, Moïse, pour arriver à l’»Alliance nouvelle et éternelle», «la stupéfiante initiative de Dieu qui se fait
homme et scelle ses noces avec l’humanité dans le mystère pascal de Jésus».
La loi donnée à Moïse au Sinaï, la Loi de Dieu, est désormais inscrite en
nous, «elle consiste en une réalité objective, autre que nos vouloirs purement humains». Elle est d’une nouveauté absolue: «cette Loi, avant tout,
c’est Quelqu’un et non quelque chose, affirme Mgr Salina, c’est l’Esprit
Saint lui-même qui est dans notre coeur et nous rend fils et filles de
Dieu».
Un chemin de bonheur pour tous
Enfin. «nous sommes tous et toutes (quel que soit notre âge et notre
passé) invités à prendre ce chemin qui conduit à la vision de Dieu: c’est
notre vocation profonde, l’appel qui s’adresse à nous». «Est-ce utopique et
impossible en ce monde tel que nous le connaissons? Ce monde avec tant et
tant de péchés, de duretés, de misères, de difficultés, de violences multiformes que nous ne saurions ignorer?, se demande l’abbé de Saint-Maurice.
Est-il possible ce chemin, pour nous qui nous connaissons si imparfaits et
si faibles? Si peu courageux et persévérants?». Oui, car «pour Dieu, tout
est possible». Nous y parviendrons «en ne refusant jamais la main que le
Christ Jésus nous tend, entre autres dans les Sacrements». (apic/id/pr)




