Une contribution importante à la démocratisation (210394)
Afrique du Sud: 18 observateurs des Eglises suisses lors des élections
Berne, 21mars(APIC) Pas moins de 18 délégués des Eglises et des oeuvres
suisses d’entraide participeront en tant qu’observateurs aux premières
élections libres en Afrique du Sud les 26, 27 et 28 avril prochains. A un
mois de cette échéance les Eglises ont dressé le bilan de leurs activités
en Afrique du Sud lors d’une conférence de presse à Berne. Depuis 1992 les
Eglises suisses se sont engagées dans le programme EMPSA (Ecumenical Monitoring Programme in South Africa) lancé par les Eglises sud-africaines.
A ce jour 178 observateurs venus de 19 pays ont séjourné en Afrique du
Sud pour des missions de surveillance et de bons offices.
Le principal défi reste cependant celui de la reconstruction du pays
après les élections. Reconstruction politique, militaire, policière, sociale et économique. La solidarité de l’Europe et de la Suisse en particulier
sera plus nécessaire que jamais, insiste Thabi Shange, directrice d’une fédération pour le développement rural et membre de la ligue féminine de
l’ANC.
Les liens entre les Eglises suisses et l’Afrique du Sud ne datent pas
d’hier, certains sont plus que centenaires, mais il a fallu attendre la fin
des années 1970 pour que le soutien à la lutte contre l’apartheid se structure plus solidement, rappelle Vreni Schneider-Biber, de la Coopération des
Eglises et missions en Suisse alémanique (KEM). A l’époque, la Suisse «officielle» était encore assez largement du côté des blancs. Par un important
travail d’information et de coordination, les Eglises se sont efforcées
alors de donner la voix à la majorité noire.
Cet engagement s’est logiquement poursuivi dès 1992 par la participation
à l’EMPSA, programme lancé conjointement par la Conférence des Eglises sudafdricaines (SACC) et par la Conférence des évêques catholiques du pays
(SACBC). Ce programme est soutenu par le Conseil oecuménique des Eglises
ainsi que par la Commission vaticane «Justice et Paix». Cette mission a une
fonction d’observation et de médiation. Pas moins de 40 observateurs suisses vont y prendre part entre octobre 1993 et mai 1994. Ces missions éprouvantes physiquement et moralement, parfois dangereuses, nécessitent une solide préparation assurée par le comité de coordination en Suisse placé sous
l’égide de l’EPER (entraide protestante).
Dans un cadre parallèle, le Père Roland B. Trauffer, secrétaire de la
Conférence des évêques suisses, se rendra également en Afrique du Sud comme
observateur lors des élections. Il se joindra aux délégués d’autres conférences épiscopales également invités par les évêques sud-africains. Les
évêques suisses se sont mouillés «plus qu’habituellement» dans la lutte
contre l’apartheid, remarque le Père Trauffer qui remercie les oeuvres
d’entraide, les paroisses et les communautés religieuses de leurs efforts
constants.
Thabi Shange, de passage en Suisse dans le cadre de la campagne de Carême, a insisté sur la nécessité du travail de sensibilisation en Suisse même. La solidarité internationale est indispensable pour la reconstruction
du pays. Le chômage et la violence exigent aussi des réponses économiques
par une politique d’investissements bien ciblés. L’industrie et les banques
suisses doivent s’y associer. Les questions de l’exode rural et de l’exil
intérieur touchent particulièrement Thabi Shange qui souligne le rôle irremplaçable des femmes pour la survie et la renaissance du pays. Eglises et
ONG nationales et internationales s’y attachent déjà car une reprise rapide
de la production est nécessaire.
Les élections libres, auxquelles 15 millions de personnes participeront
pour la première fois de leur vie, sont l’aboutissement d’un processus difficile, mais elles ne sont que le premier pas d’une société basée sur
l’égalité et la justice en Afrique du Sud. (apic/mp)




