Synode africain: la Tunisie, un symbole pour le dialogue islamo-chrétien
apic/Tunisie/ Synode Africain
Présence de Mgr Fouad Twal, premier évêque arabe de Tunis (070394)
Fribourg, 7mars(APIC) Si les évêques d’Afrique noire formeront la majorité des participants au prochain Synode sur l’Afrique que Jean Paul II ouvrira à Rome le 10 avril prochain, les chrétientés des pays arabes d’Afrique du nord y seront également représentées. Ainsi Mgr Fouad Twal, premier
évêque arabe de Tunis, y apportera l’expérience du dialogue interreligieux
en Tunisie, pays musulman qui ne renie cependant pas ses racines pré-islamiques et notamment chrétiennes.
Le gouvernement tunisien qui pousse les médias à retransmettre cinq fois
par jour la prière islamique, contribue en même temps (pour un montant de
100’000 dinars, environ 150’000 francs) à la restauration de la cathédrale
de Tunis construite entre 1892 et 1910. Indéniablement le chistianisme fait
partie de l’histoire de la Tunisie.
Il suffit d’évoquer les chrétientés d’Afrique de l’antiquité dont saint
Augustin évêque d’Hippone reste la figure emblématique ou encore le Concile
de Carthage en 646, un an avant la conquête conquête arabe. Les très nombreux sites archéologiques en portent encore témoignage. Présence chrétienne qui se fera beaucoup plus discrète durant les siècles suivants mais qui
ne disparaitra pas.
Plus près de nous, le XIXe siècle colonial verra une forte immigration
chrétienne venue des pays méditerranéens, l’Espagne, la Sicile et Malte
surtout. Le climat change avec le protectorat français imposé sur le pays
en 1881. L’Eglise semble devenir française. La même année, Mgr Lavigerie
est nommé administrateur apostolique de Tunis et en 1894 Carthage redevient
un siège archiépiscopal. La Tunisie est considéré comme l’exemple classique
de ce que les jeunes nationalistes tunisiens appelleront «l’alliance du colonialisme et de l’Eglise contre l’islam et contre la personnalité tunisienne». En 1956 après l’indépendance, l’Eglise européenne en Tunise, qui
compte 250’000 catholiques, s’effondre. Un nouveau ’modus vivendi’ est
trouvé avec le Vatican en 1964. L’archevêché de Carthage retrouve le rang
de simple prélature territoriale et sept églises restent ouvertes au culte.
Selon l’annuaire pontifical, la communauté catholique de Tunisie compte
aujourd’hui 12’000 personnes d’une quarantaine de nationalités. Depuis 1992
elle a à sa tête, son premier évêque arabe, Mgr Fouad Twal d’origine jordanienne. Cette nomination constitue une nouvelle étape dans le dialogue interreligieux. L’instrumentum laboris du Synode aborde largement ce thème.
Le document reconnaît que le problème fondamental du dialogue tient au fait
que les deux religions se considèrent chacune comme l’apogée absolue de la
Révélation divine. Le dialogue est cependant beaucoup plus facile là où les
chrétiens et les musulmans appartiennent au même groupe ethnique. La présence de religieux ou d’arabes chrétiens venus du Moyen-Orient ou d’Egypte
doit faire découvrir aux Tunisiens qu’on peut à la foi être arabe et chrétien. En même temps on reconnaît par ailleurs presque officiellement qu’un
Tunisien puisse être musulman, arabe, berbère ou de souche phénicienne.
Dans ce sens Mgr Twal entend renforcer la participation des laïcs dans
l’Eglise de Tunisie. (apic/bia/mp)




