Inde: la prison la plus importante du (190494)
apic/IndePrison
pays transformée en centre de méditation
La méditation et le yoga plutôt que les cris des policiers
New Delhi, 19avril(APIC) La prison la plus importante de l’Inde s’est peu
à peu transformée en centre de méditation. Mme Kiran Bedi, directrice de la
prison de Tihar à New Delhi depuis mai 1993, a commencé a faire de ce centre de détention un centre de méditation où les prisonniers ne sont plus
éveillés le matin par les cris des policiers, mais par le son de la cloche
de la salle de prière. Le premier acte de la journée consiste en une méditation avec exercice du yoga.
A son arrivée, Kiran Bedi se demandait comment aider les détenus, particulièrement ceux qui purgent de longues peines, à changer de vie. «La méditation, dit-elle, est une réponse à ma prière. Elle agit comme par magie
sur les prisonniers. Ce n’est pas une affaire de religion: nous voulons
prendre ce qu’il y a de meilleur dans toutes les religions. J’ai fait entrer un peu d’air frais dans les murs de cette prison. Des hommes qui
étaient en colère ne le sont plus; des gens qui buvaient sont devenus sobres. Tihar a cessé d’être une prison: elle est devenue la maison de
l’Amour».
Plusieurs prisonniers témoignent des résultats obtenus grâce à ces nouvelles méthodes. L’un d’eux raconte comment il voulait tuer le juge qui
l’avait condamné à la prison à perpétuité. Sa colère contre le monde entier
a disparu: «Un mouvement a pris naissance à l’intérieur de la prison. Tout
le monde a envie de prier et de méditer». Un autre ajoute: «Autrefois, je
haïssais tout et tout le monde. Rien ne m’apportait la moindre joie. Il
faut dire que je suis ici sans avoir commis de crime. J’ai été condamné à
la suite d’un complot. Mais maintenant, je n’ai plus de grief contre personne. Avec la méditation, la paix est entrée dans mon coeur».
Selon Kiran Bedi, la corruption qui sévissait autrefois dans la prison a
disparu: les fonctionnaires coupables ont été arrêtés. Le centre de détention de Tihar est composé de quatre unités indépendantes. Au total, 8’000 à
8’700 prisonniers y sont «hébergés» dans un espace prévu pour 2’000 personnes seulement. La directrice de l’établissement a une ambition: «Je veux
renvoyer chez eux des êtres humains rendus meilleurs». (apic/eda/pr)




